Chagall Couture à Nice : le musée Marc Chagall habille son Message biblique jusqu’au 18 janvier 2027

Robe de scène multicolore sur un mannequin et coiffe dorée sur un pied, dans une salle de musée aux tableaux colorés
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Au pied de la colline de Cimiez, le musée national Marc Chagall ouvre ce samedi 10 octobre 2026 une exposition qui ne ressemble à aucune autre dans son histoire récente. Baptisée Chagall Couture, elle confronte les toiles du Message biblique à des costumes et des coiffes conçus par des étudiantes en costume de scène, comme si les personnages du peintre descendaient de leurs cadres pour entrer en scène.

Le principe est simple à résumer : une relecture textile de l’œuvre de Chagall, montée avec le lycée des Coteaux de Cannes et présentée en deux volets jusqu’au 23 mai 2027. Après un été marqué par les prêts exceptionnels du Centre Pompidou, le musée niçois change de registre et parie sur la matière, la couleur et le mouvement du tissu pour faire redécouvrir des œuvres que beaucoup croient connaître. Que voit-on réellement dans ces salles, combien coûte la visite et comment s’organiser pour en profiter pendant les vacances de la Toussaint ?

Deux ans de travail avec le lycée des Coteaux de Cannes

L’exposition est née d’une collaboration pédagogique menée sur deux années avec les enseignantes et les étudiantes du DN MADE Spectacle, option costume de scène, du lycée des Coteaux à Cannes. Ce diplôme se prépare en trois ans et vaut un grade de licence : les pièces exposées sont donc l’œuvre de jeunes professionnelles en fin de formation, pas d’un atelier de haute couture.

D’après le site Arts-Spectacles, qui a annoncé l’événement fin septembre, l’ensemble réunit 76 pièces. Les étudiantes ont travaillé à partir de trois sources précises : le cycle peint du Message biblique, les gravures que Chagall a consacrées aux Âmes mortes de Gogol et aux Fables de La Fontaine, et le vitrail d’essai de La Rose bleue. Superpositions de tissus, contrastes entre surfaces mates et brillantes, coiffes construites comme des volumes : chaque création reprend une manière qu’avait le peintre de traiter la matière, et c’est ce dialogue que le parcours organise en deux temps.

Deux volets, des Âmes mortes aux Fables de La Fontaine

Le musée a choisi de renouveler l’accrochage à mi-parcours, ce qui donne une bonne raison de revenir une seconde fois au printemps. Voici comment s’articulent les deux périodes :

  • premier volet, du 10 octobre 2026 au 18 janvier 2027 : les gravures en noir et blanc des Âmes mortes face aux couleurs du Message biblique, avec les costumes travaillés sur le flou et le mouvement ;
  • pause d’un peu plus de deux semaines, du 19 janvier au 5 février 2027, le temps de démonter et de réinstaller les pièces ;
  • second volet, du 6 février au 23 mai 2027 : les illustrations des Fables de La Fontaine et les grandes figures du Message biblique, avec une nouvelle série de créations ;
  • fermetures ponctuelles prévues les 25 décembre 2026 et 1er janvier 2027, ainsi que le 1er mai 2027.

Le noir et blanc de la gravure répond ainsi à la couleur des grandes toiles, et les étudiantes ont dû traduire deux langages très différents en tissu. Ce va-et-vient n’a rien d’artificiel chez un artiste qui a passé une bonne partie de sa vie à dessiner pour le théâtre et l’opéra.

Chagall et la scène, de Moscou au Metropolitan Opera

Le rapprochement entre Chagall et le costume repose sur une réalité biographique. En 1920, le peintre signe les décors et les costumes du Théâtre juif Kamerny de Moscou, puis travaille à New York pour le Ballet Theatre sur Aleko en 1942 et L’Oiseau de feu en 1945. Pour lui, le costume participe pleinement à l’animation de l’œuvre, au même titre que le décor.

Viennent ensuite les grandes scènes lyriques : Daphnis et Chloé à l’Opéra de Paris en 1958, puis La Flûte enchantée au Metropolitan Opera en 1966, l’année même où il s’installe à Saint-Paul-de-Vence. À la fin des années 1960, il intègre même des textiles dans ses collages, preuve que la frontière entre peinture et étoffe n’a jamais été étanche dans son travail.

Le Message biblique, cœur de la collection permanente, se prête particulièrement à l’exercice. Selon l’Office de tourisme métropolitain Nice Côte d’Azur, il compte 17 toiles, dont 12 grands tableaux dans la première salle et 5 compositions dans la salle hexagonale, au sein d’un fonds de plus de 400 peintures, gouaches, dessins et pastels. Ce parti pris rappelle le dialogue entre peinture et mode proposé cet été à quelques centaines de mètres, au musée Matisse. Reste à savoir ce que la visite coûte et à quels horaires se présenter.

Horaires, tarifs et jours de gratuité

Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi, avec une coupure de mi-journée entre 13h et 14h30 qu’il vaut mieux connaître avant de monter. Jusqu’au 31 octobre, l’après-midi court jusqu’à 18h, puis jusqu’à 17h à partir du 1er novembre, et la billetterie ferme trente minutes avant la sortie des visiteurs.

Pendant les expositions temporaires, l’entrée passe à 12 € en plein tarif et 10 € en tarif réduit, contre 10 € et 8 € hors exposition. Le tarif de groupe, à partir de dix personnes, s’établit à 10,50 € par visiteur. Les moins de 18 ans entrent gratuitement, ce qui fait de l’exposition une sortie familiale abordable.

Le premier dimanche de chaque mois, l’entrée est gratuite pour tous. Sur la durée du premier volet, trois dimanches gratuits tombent les 1er novembre, 6 décembre et 3 janvier. Ces journées sont prisées, et les vacances scolaires offrent une autre façon de découvrir les costumes, cette fois les mains dans le tissu.

Ateliers et visites guidées pendant les vacances de la Toussaint

Le musée a programmé pendant les vacances une série d’animations directement liées aux costumes exposés, avec réservation sur la plateforme Affluences ou par téléphone au 04 93 53 87 20 :

  • visites guidées de l’exposition le 18 octobre de 10h15 à 11h15, puis les 22, 23, 26, 29 et 30 octobre de 10h30 à 12h30, en français avec l’anglais ou l’italien selon les jours, à partir de 5 € entrée comprise ;
  • conférence en français le mercredi 21 octobre de 16h à 17h ;
  • atelier de réalisation d’un costume de poupée en papier sur fond coloré, les 21 et 26 octobre de 14h30 à 16h, à partir de 7 € ;
  • atelier de création de coiffes inspiré du vitrail de La Rose bleue, pour fabriquer un kokochnik ou une chapka, le 18 octobre de 11h15 à 12h45 puis les 23 et 30 octobre de 14h30 à 16h.

Les ateliers portent le label Famille plus et s’adressent aux petits comme aux grands, sans âge minimum annoncé. Les places étant limitées, réserver quelques jours à l’avance reste la meilleure façon d’éviter une montée à Cimiez pour rien.

Accès et stationnement au pied de Cimiez

Le musée se trouve au 36 avenue du Docteur-Ménard, à l’angle du boulevard de Cimiez, dans un quartier résidentiel au relief marqué. Un parking pour les voitures et les autocars est aménagé sur place, et les groupes peuvent être déposés directement devant l’entrée, ce qui simplifie la venue des familles et des visiteurs âgés.

Le boulevard de Cimiez se charge vite aux heures de pointe, surtout à la sortie des écoles. En ville, la mairie accorde depuis le 1er septembre deux heures de stationnement gratuit dans les zones payantes, un créneau qui laisse le temps de parcourir l’exposition sans regarder sa montre. Arriver à 10h ou à 14h30, dès l’ouverture, permet de profiter des salles avant l’affluence des groupes.

Ce que le tissu révèle d’un peintre de la couleur

Chagall Couture pose une question que les musées se posent de plus en plus : comment donner envie de revoir une collection permanente que le public de la Côte d’Azur croit avoir déjà vue. En confiant ses toiles au regard de jeunes costumières, le musée prend le risque d’une lecture moins savante, mais plus physique, de l’œuvre.

Le second volet, en février, dira si le pari tient sur la durée. D’ici là, entre les dimanches gratuits et les ateliers de la Toussaint, le premier volet offre une porte d’entrée accessible vers le Message biblique. Le programme détaillé et la réservation des ateliers sont à retrouver sur le site officiel du musée national Marc Chagall.


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