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Chaque été, un parvis baroque suspendu au-dessus de la Méditerranée se transforme en salle de concert à ciel ouvert. Le Festival de Musique de Menton revient pour sa 77e édition, du 25 juillet au 7 août 2026, et confirme son statut de doyen des grands rendez-vous de musique classique sur la Côte d’Azur. Depuis sa création en 1950, ce festival a vu défiler les plus grands solistes du répertoire dans un décor sans équivalent.
Niché à l’extrême est du département, à quelques kilomètres de la frontière italienne, Menton cultive une douceur de vivre qui se prête merveilleusement aux soirées de musique. La ville réunit pour deux semaines un cadre patrimonial exceptionnel et une programmation pointue qui attire mélomanes et curieux de toute la région. Faut-il être spécialiste du classique pour profiter de ces soirées face à la mer ?
Deux semaines de concerts du 25 juillet au 7 août
Le festival déroule sa programmation sur quatorze jours, du 25 juillet au 7 août 2026. Le cœur de l’événement bat sur le parvis de la basilique Saint-Michel-Archange, mais les concerts investissent aussi le Palais de l’Europe, avec son Salon de Grande-Bretagne, ainsi que les esplanades Francis Palmero et des Sablettes, en bord de mer.
La direction artistique est assurée par Paul-Emmanuel Thomas, qui défend une ligne mêlant grand répertoire et découvertes. La soirée d’ouverture, le 25 juillet, réunit le violoncelliste Gautier Capuçon et l’Orchestre philharmonique de Nice, placé sous la baguette de Lionel Bringuier, autour du premier concerto pour violoncelle de Saint-Saëns et de la quatrième symphonie de Beethoven.
Les soirées au parvis commencent à la nuit tombée, autour de 21h30, quand la chaleur retombe et que la façade illuminée domine la baie. D’autres formats complètent l’affiche, dont une soirée de pré-ouverture confiée à l’Ensemble Spark sur un programme baptisé « De Bach aux Beatles », clin d’œil au décloisonnement assumé du festival.
Cinq grands rendez-vous à ne pas manquer
La 77e édition met en avant plusieurs sommets, du concert d’ouverture au récital de clôture. D’après la programmation officielle, voici cinq dates qui résument l’esprit de cette édition, entre fidélité au répertoire et invitations plus inattendues.
- 25 juillet, ouverture avec Gautier Capuçon et l’Orchestre philharmonique de Nice dirigé par Lionel Bringuier ;
- 29 juillet, le violoncelliste Nicolas Altstaedt et l’Ensemble Jupiter mené par Thomas Dunford autour de Vivaldi ;
- 1er août, le pianiste Fazil Say dans les Variations Goldberg de Bach et ses propres compositions ;
- 4 août, le violoniste Leonidas Kavakos et le pianiste Enrico Pace, pour une première apparition à Menton ;
- 7 août, récital de clôture confié au pianiste Alexandre Kantorow.
Cette colonne vertébrale donne le ton, mais elle ne dit pas tout. Autour de ces grands soirs, la programmation ménage des récitals plus intimes et des formations de chambre, pour que chaque soirée garde sa propre couleur.
Les amateurs de grands solistes y trouveront leur compte, tout comme ceux qui suivent la saison lyrique de l’Opéra de Nice ou les autres scènes classiques de la région. Menton ajoute à cette offre un décor que nulle salle fermée ne peut offrir.
Un écrin baroque pensé pour la musique
Le parvis Saint-Michel-Archange n’est pas un simple décor de carte postale. Construit en terrasses au-dessus de la vieille ville, ce sanctuaire baroque, dont l’édification a débuté en 1675, forme un amphithéâtre naturel où la pierre ocre et le ciel étoilé répondent à la musique. Le silence de la nuit et l’acoustique du lieu portent les nuances des solistes jusqu’aux derniers rangs.
Un festival qui sans rien renier de son histoire et de son patrimoine s’inscrit dans la modernité et cultive avec gourmandise la curiosité sonore.
Paul-Emmanuel Thomas, directeur artistique du Festival de Musique de Menton, juin 2026
Cette philosophie se lit dans les choix de programmation. Le partenariat avec la Fondation Gautier Capuçon et le projet choral Sing’In Menton, mené avec des collégiens de Menton et de Roquebrune, montre que la transmission tient une place centrale dans le projet du festival.
Menton, la dernière perle avant l’Italie
Surnommée la Perle de la France, Menton vit à un rythme particulier, bercé par un microclimat parmi les plus doux du littoral. La ville d’environ 28 000 habitants aligne façades colorées, ruelles en escalier et jardins remarquables, à seulement une dizaine de kilomètres de la frontière italienne. Ce supplément d’âme méditerranéen fait partie de l’expérience du festival.
Le patrimoine ne se limite pas au parvis. Menton porte l’empreinte de Jean Cocteau, du musée qui lui est dédié à la salle des mariages qu’il a décorée, et conserve des jardins botaniques réputés comme le Val Rahmeh ou la Serre de la Madone. Entre deux concerts, la vieille ville baroque se découvre à pied, de la rampe Saint-Michel aux placettes ombragées.
La situation géographique de Menton en fait aussi une étape facile à combiner. La ville se trouve à environ 30 km de Nice et à 10 km de Monaco, ce qui permet d’enchaîner une soirée de concert avec les concerts en plein air de Monte-Carlo ou une journée sur le littoral. Cette proximité change la façon d’organiser son séjour.
Bien préparer sa soirée de concert
Assister à un concert au parvis demande un minimum d’anticipation. Les places assises sont numérotées et la billetterie officielle ouvre en ligne plusieurs semaines à l’avance, avec des soirées qui affichent vite complet pour les têtes d’affiche. Mieux vaut réserver tôt et viser les premières dates pour avoir le choix du placement.
La logistique sur place mérite réflexion. La vieille ville se gravit par des ruelles étroites et le stationnement y devient rare en pleine saison estivale, surtout en soirée. La gare de Menton, sur la ligne Marseille-Vintimille, offre une alternative, mais les derniers trains limitent les retours tardifs alors que les concerts s’achèvent souvent après 23 heures.
Pour profiter pleinement de la soirée, beaucoup choisissent de dîner dans la vieille ville avant le concert, puis de se faire déposer et reprendre au pied du parvis. Cette organisation évite la recherche de stationnement et permet de savourer l’entracte sans surveiller l’heure.
Quand la musique fait vivre un territoire
Au-delà des affiches prestigieuses, le Festival de Musique de Menton dit quelque chose de la place de la culture sur la Côte d’Azur. Faire venir Kavakos, Kantorow ou Capuçon dans une ville de bord de mer, c’est rappeler que l’excellence musicale ne se joue pas qu’à Paris ni dans les grandes capitales.
Le travail mené avec les collèges et la jeune génération, lui, prépare l’avenir, bien après la dernière note du 7 août. La vraie question n’est plus de savoir si un grand festival classique a sa place face à la mer, mais comment il continuera, année après année, à attirer un public toujours plus large.
Le détail des programmes, des tarifs et des horaires se consulte directement sur le site officiel du Festival de Musique de Menton, où l’on réserve aussi les meilleures places du parvis.

