Le Festival des Mots fait escale dans les villages des Alpes-Maritimes jusqu’au 8 août

Chaises en bois alignées face à un pupitre éclairé dans un jardin de village provençal au crépuscule
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Chaque été, la Côte d’Azur ne se résume pas à ses plages et à ses terrasses : elle se raconte aussi à voix haute, dans des villages perchés et des jardins face à la mer. Le Festival des Mots, porté par le Département des Alpes-Maritimes, transforme huit communes en scènes de lecture à ciel ouvert, de la frontière italienne jusqu’aux vallées du Mercantour, le temps de quelques nuits d’été.

Le principe tient en une idée limpide : des comédiens connus viennent dire de grands textes littéraires, un soir, dans un lieu chaque fois différent. L’édition 2026 s’est ouverte le 17 juillet et se referme le 8 août, placée sous un thème qui donne le ton, « Les mots voyagent ». Une manière d’unir la littérature et l’art du déplacement, deux plaisirs que l’on savoure particulièrement en vacances.

Reste la question que se pose tout visiteur en quête de soirées différentes : où et quand attraper les dernières escales de ce festival itinérant avant qu’il ne remballe ses valises ?

Un festival qui change de décor chaque soir

La singularité du rendez-vous tient à son itinérance : plutôt qu’une salle unique, il additionne les lieux de caractère, parfois insolites, toujours en plein air. Pour cette édition, huit escales jalonnent le département, du bord de mer aux balcons de montagne. Chacune installe ses chaises dans un cadre qui fait déjà partie du spectacle.

  • Cap-d’Ail et son Château des Terrasses, face à la Méditerranée ;
  • Villeneuve-Loubet, au pôle culturel Auguste-Escoffier ;
  • Biot, dans le jardin Frédéric-Mistral ;
  • Mandelieu-la-Napoule, aux portes de Cannes ;
  • Gattières, Puget-Théniers, Venanson et Valberg, dans l’arrière-pays et la haute vallée.

Cette dispersion géographique fait tout le sel de l’événement : elle invite à quitter le littoral le temps d’une soirée pour découvrir un village que l’on n’aurait sans doute jamais poussé la porte de visiter autrement. Le festival devient alors un prétexte idéal pour explorer une autre facette de la région.

Des comédiens pour porter les grands textes

Ce qui distingue le Festival des Mots d’une simple lecture, c’est le calibre de ses interprètes. Année après année, il attire des visages familiers du cinéma et du théâtre français, capables de tenir un public en haleine avec un texte et un pupitre. L’affiche 2026 a réuni notamment Alice Pol, Valérie Bonneton, Francis Huster, Lionnel Astier ou encore Raphaël Quenard.

Le fil rouge de la saison, le voyage, se lit dans le choix des œuvres : récits d’évasion, correspondances, pages de romans qui emmènent d’une rive à l’autre de la Méditerranée. Valérie Bonneton a ainsi donné « Tendre est la nuit » de F. Scott Fitzgerald au Château des Terrasses de Cap-d’Ail, tandis qu’Alice Pol ouvrait le bal à Villeneuve-Loubet. Le Département résume l’esprit de la manifestation par une phrase empruntée à une grande voyageuse :

Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer.

Alexandra David-Néel, exploratrice et écrivaine, dont la maxime a été choisie comme fil conducteur de l’édition 2026 du Festival des Mots

Derrière la légèreté apparente d’une lecture d’été, le festival poursuit donc une ambition : rendre la grande littérature accessible et vivante, loin des salles feutrées, à portée de tous ceux qui passent l’été sur la Riviera.

Les dernières escales avant le 8 août

À l’heure où beaucoup profitent des vacances scolaires, deux rendez-vous restent à vivre. Le 4 août, Biot accueille Francis Huster dans le jardin Frédéric-Mistral, à 21 h, pour un seul-en-scène où l’acteur mêle littérature et souvenirs personnels. Quatre jours plus tard, le festival gagne la montagne pour son ultime soirée.

Le 8 août, Lionnel Astier referme en effet cette 2026 à Venanson, petit village suspendu au-dessus de Saint-Martin-Vésubie, à 20 h 30. Ces deux dates résument le grand écart de la programmation : d’un côté un village d’art à quelques minutes d’Antibes, de l’autre un balcon de montagne à plus d’une heure de route de la côte. Le trajet fait alors partie de l’aventure, entre oliveraies et lacets qui grimpent vers le Mercantour.

Des soirées gratuites, mais à préparer un minimum

Le principal atout de ce festival tient en un mot : la gratuité. Toutes les représentations sont libres d’accès et sans billet à acheter, dans la limite des places disponibles. Quelques réflexes simples évitent toutefois la déconvenue une fois sur place :

  • arriver tôt, car les meilleures places partent vite sur des sites à jauge limitée ;
  • prévoir un vêtement chaud pour la fraîcheur du soir, surtout dans les villages de montagne ;
  • vérifier la météo, la programmation pouvant être modifiée en cas d’intempéries ;
  • anticiper le stationnement, rarement évident dans les cœurs de village aux ruelles étroites.

Ce dernier point est tout sauf un détail : dans des communes comme Venanson ou Biot, le parking se mérite en pleine saison estivale. Se faire déposer au plus près du lieu, puis récupérer à la sortie, fait gagner un temps précieux et évite de finir la soirée à chercher sa voiture dans le noir.

Une pièce du grand puzzle culturel de l’été

Le Festival des Mots ne vit pas isolé : il s’inscrit dans les Soirées estivales du Département, un programme qui revendique, selon la collectivité, plus de 500 spectacles gratuits répartis dans 158 communes des Alpes-Maritimes. La culture gratuite irrigue tout le territoire pendant l’été, du front de mer aux plus petits hameaux.

Cette effervescence se retrouve partout sur la Côte d’Azur, entre les scènes des villages et celles des grandes villes. On pense aux soirées de Saint-Paul de Vence, ou encore au théâtre gratuit du Paillon à Nice, autant de rendez-vous qui prolongent le même esprit. Pour le vacancier, le choix vire presque au casse-tête heureux tant les propositions abondent en juillet et en août.

Quand la littérature réenchante les nuits d’été

Au-delà de son programme, le Festival des Mots dit quelque chose de la Côte d’Azur que l’on oublie parfois derrière les cartes postales : un territoire qui aime faire dialoguer patrimoine, paysage et grands textes. Écouter Fitzgerald face à la mer ou un récit sous les étoiles d’un village de montagne, c’est une autre façon d’habiter l’été azuréen, plus lente et plus intime.

Les dernières soirées de la saison offrent encore l’occasion de tenter l’expérience, avant que les comédiens ne remisent leurs valises de mots jusqu’à la prochaine édition. Le programme complet et les lieux exacts se consultent sur le site du Département des Alpes-Maritimes, de quoi composer ses soirées au gré de ses envies d’évasion.


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