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- Trois soirées face à la Méditerranée au Jardin de la Paix
- Une programmation entre légendes et jeunes pousses
- André Manoukian déroule le fil arménien avec « La Sultane »
- Un dîner face à la mer avant le lever de rideau
- Rejoindre la presqu’île sans souci de stationnement
- Le jazz comme langue commune sous les étoiles du Cap
Chaque été, la Côte d’Azur transforme ses jardins, ses places et ses presqu’îles en scènes à ciel ouvert, et le mois d’août concentre une bonne partie de cette effervescence musicale. Sur la presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat, un rendez-vous discret mais fidèle rassemble chaque année les amateurs de jazz dans un écrin de pins tourné vers la Méditerranée.
Du 6 au 8 août 2026, le Jardin de la Paix accueille la 14e édition du Saint Jazz Cap Ferrat, un festival intimiste qui fait dialoguer grandes figures internationales et jeunes talents le temps de trois soirées. La manifestation s’est bâti une réputation sur la qualité de sa programmation plutôt que sur le gigantisme, à contre-courant des grandes machines estivales.
Reste une question que se pose tout visiteur tenté par ces nuits musicales : comment profiter pleinement d’un concert perché au-dessus de la grande bleue, entre programmation exigeante et logistique d’une presqu’île parfois capricieuse ?
Trois soirées face à la Méditerranée au Jardin de la Paix
Le cadre fait une bonne partie du charme de l’événement. Niché entre les pins et bercé par la brise marine, le Jardin de la Paix offre un balcon naturel suspendu au-dessus de la mer, à quelques centaines de mètres du port de Saint-Jean. L’endroit impose son tempo : places assises non numérotées, ambiance feutrée, public installé tout près des musiciens.
Le site ouvre ses portes dès 19h30, et les concerts s’enchaînent ensuite selon un rythme désormais rodé. Chaque soirée propose deux sets, un premier à 20h30 et un second à 21h50, ce qui laisse le temps de s’installer et de dîner sur place avant que la nuit ne tombe sur la baie. La formule tient en trois dates, les jeudi 6, vendredi 7 et samedi 8 août.
Une programmation entre légendes et jeunes pousses
La force du festival tient à son équilibre entre valeurs sûres et découvertes. D’après le programme dévoilé par l’organisation, six concerts se répartissent sur les trois soirées, chaque nuit associant un projet émergent et une tête d’affiche reconnue :
- jeudi 6 août, le trio aux influences guadeloupéennes Abraham Réunion précède le pianiste cubain Alfredo Rodriguez, adoubé par Quincy Jones, et sa création « ¡Take Cover! » ;
- vendredi 7 août, Cécile Brocas déroule son projet « That Was A Dream » avant André Manoukian, venu présenter « La Sultane » avec Mosin Kawa aux tablas indiens ;
- samedi 8 août, la chanteuse ALA.NI et son univers « Sunshine Music » ouvrent la voie au contrebassiste Henri Texier et à son « Essential Quartet ».
Cette alternance donne au festival une couleur à la fois savante et accessible, où le néophyte croise l’amateur averti. Le spectre musical court du jazz latino aux inspirations orientales, en passant par la soul et le jazz européen le plus exigeant.
André Manoukian déroule le fil arménien avec « La Sultane »
Parmi les rendez-vous les plus attendus figure le concert d’André Manoukian, figure familière du grand public devenue l’un des passeurs les plus actifs entre jazz et musiques du monde. Après « Anouch », paru en 2022 et dédié à sa grand-mère rescapée du génocide arménien, le pianiste prolonge son exploration des racines familiales avec un disque plus rythmique, porté par le piano, les tablas et les cordes.
Le titre de l’album, comme le rapporte le magazine We Culte, renvoie à un souvenir d’enfance et compose un hommage aux femmes de sa famille :
Ma sultane, c’était le mot que ma mère employait pour parler tendrement à ma sœur.
André Manoukian, à propos de son album « La Sultane », dans We Culte, 22 octobre 2025
Présenté sur la scène du Cap-Ferrat, ce répertoire résume assez bien l’esprit d’ouverture revendiqué par le festival : une musique de dialogue, où l’improvisation sert de langue commune entre les cultures.
Un dîner face à la mer avant le lever de rideau
Le festival ne se limite pas aux concerts. Avant et après les sets, l’espace de restauration « La Pointue du Cap » propose une cuisine préparée sur place face à la Méditerranée, des desserts et une carte de vins et de cocktails. Pendant les concerts, l’offre est volontairement réduite pour préserver l’écoute, un parti pris qui en dit long sur l’esprit des lieux.
Côté budget, la grille tarifaire reste mesurée pour un événement de cette qualité. Il faut compter 45 € en plein tarif et 40 € pour les moins de 18 ans et les étudiants ; le pass pour les trois soirées revient à 115 €, ou 95 € en tarif réduit. Les places n’étant pas numérotées, mieux vaut arriver tôt pour choisir son coin de jardin.
Rejoindre la presqu’île sans souci de stationnement
La presqu’île de Saint-Jean-Cap-Ferrat se mérite un peu. À une dizaine de kilomètres de Nice, elle se rejoint par la basse corniche, mais son stationnement reste limité aux abords du Jardin de la Paix. Deux parkings sont conseillés par l’organisation, Cros Deï Pin et la Place du Centenaire, vite pris d’assaut les soirs de concert.
Les transports en commun dépannent, avec la ligne du réseau Lignes d’Azur qui dessert l’arrêt du port de Saint-Jean. Le dernier départ intervient toutefois à 23h40, un horaire serré quand le second set se termine tard dans la nuit. Pour une soirée sans montre ni contrainte de retour, un dépose-minute au plus près de l’entrée change la donne.
Ceux qui ont déjà goûté les traditions estivales du village savent que la presqu’île vit avant tout au rythme de ses nuits d’été. Le festival s’inscrit dans une saison musicale azuréenne dense, qui court des concerts de la Pinède Gould à Juan-les-Pins aux soirées de la grande scène de la Place Masséna.
Le jazz comme langue commune sous les étoiles du Cap
Ce que propose le Saint Jazz Cap Ferrat dépasse la simple addition de concerts. En réunissant un pianiste cubain, un contrebassiste français, une voix britannique et un explorateur des racines arméniennes, le festival fait de l’improvisation un terrain de rencontre entre des mondes éloignés, le temps de trois nuits.
La presqu’île, elle, continuera d’attirer les curieux bien après la dernière note, entre villas, sentiers littoraux et criques discrètes. Reste à voir quelle place ces rendez-vous intimistes garderont face aux grands festivals de la Côte, à l’heure où le public cherche autant l’émotion que le décor.
Les horaires détaillés, la billetterie et les conditions d’accès sont présentés sur le site de la commune de Saint-Jean-Cap-Ferrat, où l’organisation met à jour son programme au fil des semaines.

