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- Une scène éphémère installée dans le Troparium
- Le déroulé de la soirée, du DJ set aux derniers accords
- The Sophs, le sextet californien qui refuse les cases
- Copycat, deux cousines qui font du concert un spectacle
- Entrée gratuite et réservation conseillée : ce qu’il faut anticiper
- Rejoindre le boulevard Louis II un samedi soir
- Ce que Kaléido déplace dans l’automne monégasque
Une salle qui n’en est pas une, deux groupes que la Principauté n’a jamais accueillis, et pas un euro à sortir : Kaléido revient le 3 octobre au Troparium de l’Auditorium Rainier III. Le nom désigne la programmation culturelle que la Direction des Affaires Culturelles de Monaco réserve aux moins de 30 ans, avec une préférence assumée pour les artistes émergents de la scène internationale.
Le premier rendez-vous s’était tenu le 16 juillet au Fort Antoine, avec la chanteuse lyonnaise Styleto. Le deuxième change de décor et de registre, et s’installe dans un équipement que personne n’associe spontanément à un concert debout. Une soirée gratuite un samedi soir en Principauté soulève pourtant deux questions très concrètes : qu’est-ce qu’on va y entendre, et comment y accède-t-on sans y perdre la moitié de la soirée ?
Une scène éphémère installée dans le Troparium
L’Auditorium Rainier III est d’abord la maison de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, et son Troparium sert le reste du temps d’espace de circulation et de réception. Une scène provisoire y sera montée pour la seule soirée du 3 octobre, ce qui revient à fabriquer une salle intimiste dans un volume qui n’a jamais été pensé pour ça.
Le pari tient en une idée simple : sortir la musique actuelle des lieux où on l’attend. Faire jouer deux formations émergentes sous une architecture associée au répertoire symphonique déplace autant le public que les artistes, et donne à la soirée une allure de petit festival plutôt que de concert assis.
La Principauté multiplie ces écarts de registre depuis la rentrée. Elle proposait le 20 septembre un récital de piano au Grimaldi Forum, dans une veine autrement plus classique, et ouvre le 1er octobre l’exposition gratuite du quai Antoine Ier. Kaléido occupe l’autre bout du spectre, celui des salles debout et des groupes qu’on découvre le soir même.
Le déroulé de la soirée, du DJ set aux derniers accords
La soirée se découpe en deux séquences, et la première commence bien avant le premier accord. Le programme annoncé par la Direction des Affaires Culturelles tient en quelques repères :
- 18 h : DJ set et food trucks installés dans le Troparium ;
- 20 h 30 : concerts live de The Sophs et de Copycat ;
- lieu : Troparium de l’Auditorium Rainier III, boulevard Louis II ;
- entrée gratuite, réservation conseillée via Monte-Carlo Ticket.
Deux heures et demie séparent l’ouverture des portes du début des concerts. Ce créneau de restauration sur place change beaucoup de choses pour qui vient de Nice ou de Menton : on arrive tôt, on dîne sur place, on évite la course entre le restaurant et la salle. Les deux groupes à l’affiche, eux, n’ont à peu près rien en commun.
The Sophs, le sextet californien qui refuse les cases
The Sophs vient de Californie et compte six musiciens menés par Ethan. Le groupe revendique un répertoire qui refuse de tenir dans une seule catégorie : indie rock, pop-punk, funk, blues et sonorités des années 1990 s’y croisent sans hiérarchie. Son premier album, GOLDSTAR, est paru chez Rough Trade, label qui a rarement signé au hasard.
La presse musicale française a suivi le mouvement. Le Monde les a décrits comme des rockeurs californiens et caméléons, quand Les Inrockuptibles voient en eux une future référence pour les amateurs de rock. Le groupe figurait à l’affiche des Eurockéennes de Belfort le 4 juillet 2026, ce qui dit assez le format de scène auquel il est habitué. Le duo qui partage l’affiche joue, lui, sur un tout autre terrain.
Copycat, deux cousines qui font du concert un spectacle
Copycat, ce sont Apolline et Zoé, deux cousines nées dans une famille de musiciens et qui ont monté leur groupe en 2021. Le duo a été sélectionné aux Inouïs du Printemps de Bourges 2026, et son premier EP, Morning Routine, est sorti le 27 octobre 2025. Les textes y parlent d’amours, de corps, de soirées et de tracas ordinaires, avec un humour qui ne s’épargne rien.
Leur méthode d’écriture tient dans un carnet qu’elles ne quittent jamais et où s’accumulent leurs anecdotes de vie, avant la composition en studio avec leur réalisateur Nicolas Steib. Cette matière autobiographique donne des chansons qui sonnent comme des conversations, ce que les deux musiciennes assument sans détour.
On aime écrire comme on parle, ou comme on envoie un snap. Nos textes parlent de nos vies, du quotidien de deux meufs en 2025.
Apolline et Zoé, du duo Copycat, dans un entretien accordé au magazine Fashions-Addict le 18 novembre 2025
Sur scène, le duo ne se contente pas d’enchaîner les morceaux. Danse, chorégraphies, vannes et solos de guitare composent une performance pop-rock qui tient autant du spectacle que du concert. Cette énergie explique la place faite à Copycat dans une programmation qui cherche à capter un public jeune. Encore faut-il pouvoir entrer.
Entrée gratuite et réservation conseillée : ce qu’il faut anticiper
L’accès à la soirée ne coûte rien, et la réservation est conseillée via Monte-Carlo Ticket. Kaléido s’adresse explicitement aux moins de 30 ans, comme l’indiquait le Gouvernement princier en annonçant le programme le 29 mai 2026. Ce cadrage n’a rien de décoratif.
Pour le concert de Styleto au Fort Antoine, la billetterie avait ouvert le 27 mai 2026 aux seuls Monégasques, résidents et élèves scolarisés en Principauté âgés de moins de 30 ans, sur présentation d’une carte d’identité monégasque, d’un titre de séjour ou d’une carte d’étudiant. Un contrôle d’identité était prévu à l’entrée le soir du concert, ce qui a surpris plus d’un visiteur venu de France.
Rien n’indique pour l’instant que ces conditions soient reconduites telles quelles le 3 octobre, la communication autour de la soirée se limitant à la gratuité et à la réservation conseillée. Vérifier les modalités avant de faire le déplacement reste l’étape la moins coûteuse de la soirée, surtout quand on vient de l’autre côté de la frontière.
Rejoindre le boulevard Louis II un samedi soir
L’Auditorium Rainier III se trouve boulevard Louis II, sur l’axe qui relie le port Hercule au Larvotto. Le secteur concentre une bonne part du stationnement public de la Principauté, ce qui ne signifie pas qu’une place se libère facilement un samedi soir de début octobre.
Le train reste la solution la plus simple depuis Nice, Cannes ou Menton. La gare de Monaco-Monte-Carlo est entièrement souterraine et débouche à quelques minutes de marche du secteur, avec des dessertes qui couvrent la soirée. Ce mode d’accès dispense de chercher une place et de surveiller l’heure de fermeture d’un parking pendant le concert.
La ligne 600, qui relie Nice à Menton par la basse corniche en desservant Monaco, offre une solution de repli pour ceux qui logent sur le littoral. Son temps de trajet dépend entièrement du trafic, et l’écart avec le train se creuse dès que la corniche sature, ce qui arrive plus souvent qu’on ne le croit hors saison.
Venir en voiture reste évidemment possible, à condition d’accepter un parking public souterrain et quelques centaines de mètres à pied. Les entrées de parkings du secteur se chargent surtout en début de soirée, c’est-à-dire au moment précis où la salle se remplira. Arriver dès 18 h, quand ouvrent le DJ set et les food trucks, règle la question sans effort et transforme l’attente en partie de la soirée.
Ce que Kaléido déplace dans l’automne monégasque
La démarche en dit long sur la façon dont Monaco construit son offre culturelle : une programmation ciblée sur une tranche d’âge, adossée à des équipements existants, et qui accepte de détourner un auditorium symphonique le temps d’une nuit. Le programme n’aura aligné que deux soirées depuis son annonce en mai 2026, ce qui laisse entière la question de sa régularité.
Ce qui se joue le 3 octobre dépasse donc le nom des deux groupes à l’affiche. La capacité d’un territoire dense à attirer un public jeune sur un format gratuit, sans billetterie dissuasive ni contrainte de tenue, se mesurera ce soir-là autant que dans les salles voisines, où d’autres rendez-vous libres comme quatre concerts d’orgue gratuits à Mougins cherchent eux aussi leur public. Le détail de la programmation et les modalités de réservation sont publiés sur le site de la Direction des Affaires Culturelles.

