La Kermesse : O-Zone, Lou Bega et Lââm font revivre les tubes 90-2000 au Théâtre de Verdure

Concert en plein air au crépuscule, foule aux mains levées devant une scène illuminée au bord de la Méditerranée
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Chaque été, la Côte d’Azur multiplie les rendez-vous musicaux en plein air, mais rares sont ceux qui assument aussi franchement la carte de la nostalgie. Du 3 au 5 juillet 2026, le Théâtre de Verdure de Nice accueille La Kermesse, un festival entièrement dédié aux tubes des années 1990 et 2000. Vingt-deux artistes se relaient sur trois soirées, dans le jardin Albert 1er, à quelques mètres de la Promenade des Anglais.

Le concept tient en une idée simple : réunir sur une même scène les voix qui ont bercé toute une génération, de la pop sucrée au RnB en passant par la dance et le ragga. Né à Nice en 2022, l’événement s’est depuis exporté dans plusieurs villes de France tout en revenant chaque année sur ses terres d’origine. La promesse, c’est de retrouver le temps d’un week-end la bande-son de ses quinze ans. Reste à savoir ce qui distingue vraiment ce rendez-vous des autres festivals estivaux qui fleurissent sur le littoral ?

Un festival né à Nice et devenu un phénomène estival

Derrière La Kermesse, on trouve deux Varois, Pierre Abbate, alias Le Pedre, et son associé Jordan Galtier, réunis au sein de la société Chafadou Productions. L’idée a germé presque par hasard, lors d’une soirée électro où un tube des années 2000 avait soudain mis le feu au public. La toute première édition s’est tenue à Nice en 2022, avant que le format ne séduise d’autres territoires.

Le festival revendique une indépendance totale, sans subventions publiques, et mise sur une recette éprouvée : des têtes d’affiche populaires, une ambiance bon enfant et un public qui connaît chaque refrain par cœur. En 2026, le concept se décline sur quatre week-ends et autant de villes, de Nice à Ajaccio en passant par La Seyne-sur-Mer et Blagnac. Nice ouvre le bal début juillet, fidèle à son statut de berceau.

Cet ancrage local n’a rien d’anecdotique pour une cité qui vit au rythme des grands événements estivaux. Entre les concerts du bord de mer et des centaines de spectacles gratuits disséminés dans tout le département, l’agenda de juillet ne laisse guère de répit. La Kermesse s’y est taillé une place à part, celle d’un rendez-vous qui assume de faire danser trentenaires et quadragénaires sur leurs souvenirs.

Trois soirées, trois ambiances

Chaque soirée possède sa propre couleur musicale, pensée pour balayer large sans jamais perdre le fil de la nostalgie. Les portes ouvrent à 17h30 et la musique se prolonge jusqu’à 23h30, de quoi enchaîner les concerts jusqu’au bout de la nuit. Voici comment se répartissent les vingt-deux artistes annoncés :

  • Vendredi 3 juillet : L5, Larusso, Colonel Reyel, Billy Crawford, Ève Angeli, Kymaï et Faf Larage donnent le coup d’envoi, entre pop et sonorités urbaines ;
  • Samedi 4 juillet : Kenza Farah, 2Be3 réuni avec G-Squad, Lââm, Tragédie, Nâdiya, William Baldé et Matt Houston enchaînent les tubes de la scène française du début des années 2000 ;
  • Dimanche 5 juillet : Cascada, Kat DeLuna, O-Zone, One-T, Moussier Tombola, Tom Frager et Lou Bega referment le festival sur une note résolument internationale.

La soirée du dimanche cristallise à elle seule l’esprit du festival. Les rythmes latins de Lou Bega, l’électro-pop de Cascada et le tube planétaire de O-Zone y composent une bande-son que le public reprend en chœur, sans avoir besoin d’en relire les paroles.

Cette logique de morceaux fédérateurs n’est pas propre à La Kermesse : la Côte d’Azur en a fait une marque de fabrique, du rendez-vous jazz de la place Masséna aux grandes scènes électro du littoral. Le pari de ne miser que sur deux décennies très identifiées reste pourtant rare, et c’est précisément ce qui fait sa singularité.

Un concept qui surfe sur la vague des années 2000

La nostalgie est devenue un puissant moteur culturel, et La Kermesse en a fait sa raison d’être. Les années 2000 reviennent en force, des plateformes de streaming aux soirées à thème, portées par une génération qui a désormais les moyens de s’offrir une place de concert. Le festival capitalise sur cette mémoire collective sans jamais se prendre au sérieux.

Pour ses fondateurs, l’enjeu dépasse la simple programmation. Il s’agit de recréer une parenthèse, un sas de légèreté où chacun retrouve ses repères d’adolescent. Pierre Abbate résume cette intention par une image qui dit bien la dimension affective de l’expérience qu’il cherche à provoquer.

C’est une madeleine de Proust. La kermesse, c’est ce moment d’enfance où on était avec ses amis ou ses parents, insouciants et en sécurité.

Pierre Abbate, alias Le Pedre, cofondateur de La Kermesse, entretien à Cité des Arts, juillet 2025

Cette quête d’insouciance partagée explique en partie le succès du format. À l’heure où les festivals doivent composer avec des budgets serrés et une concurrence féroce, miser sur l’émotion et la reconnaissance immédiate des morceaux constitue un pari simple et redoutablement efficace.

Des tarifs échelonnés selon les formules

La billetterie fonctionne par phases : plus on réserve tôt, moins on paie. Plusieurs formules coexistent, du billet à la journée au pass week-end, avec une offre VIP pour profiter d’espaces dédiés. Les prix s’entendent hors frais de location et varient selon le moment de l’achat.

FormuleTarif hors fraisAccès
Pass 1 jourde 35,99 à 57,99 €une soirée au choix
Pass 2 joursde 61,99 à 105,99 €deux soirées
Pass VIP 1 jour89,99 €une soirée, espace VIP
Pass VIP 2 jours179,99 €deux soirées, espace VIP

À ces tarifs s’ajoute un détail pratique : le site fonctionne en cashless, via un bracelet baptisé « Compte Picsou » qui sert à régler toutes les consommations sur place. Le pass trois jours, lui, affichait déjà complet au moment de l’annonce du programme, signe de l’engouement autour de l’édition niçoise.

Quelques règles encadrent l’entrée sur le site : les bouteilles en verre, la nourriture extérieure et les équipements encombrants sont interdits. Mieux vaut anticiper ces consignes pour éviter une déconvenue à l’arrivée, surtout un soir de forte affluence.

Accès, stationnement et retour de soirée

Le Théâtre de Verdure, transformé chaque été en scène musicale à ciel ouvert, se trouve au 1 Promenade des Anglais, dans le jardin Albert 1er, en plein cœur de Nice. L’endroit est bien desservi par le tramway et les lignes de bus, mais il concentre aussi tous les défis de stationnement d’un centre-ville saturé en pleine saison touristique.

Avec plus de 10 000 festivaliers attendus sur le week-end, les abords du jardin et les parkings du front de mer affichent vite complet. Les organisateurs eux-mêmes invitent à privilégier les transports en commun. Pour les groupes d’amis venus des communes voisines, de Cannes à Monaco, la question du retour après 23h30 se pose autant que celle de l’aller, une fois les derniers concerts terminés.

Quand Nice rejoue la bande-son d’une génération

La Kermesse illustre une tendance de fond : la nostalgie n’est plus un simple ressort marketing, elle structure désormais des soirées entières et rassemble des milliers de personnes autour de souvenirs communs. Le phénomène en dit long sur le besoin de se retrouver autour d’une culture partagée, à une époque où les goûts musicaux n’ont jamais été aussi fragmentés.

Pour la Côte d’Azur, ce type de rendez-vous prolonge une saison estivale déjà foisonnante, où chaque ville cultive sa propre signature festive. Reste à voir si l’engouement pour les années 2000 s’inscrira dans la durée ou s’effacera, à son tour, derrière la nostalgie d’une décennie plus récente. Le programme complet et la billetterie se consultent sur le site officiel du festival, pour qui veut composer son week-end soirée par soirée.


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