Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Le Japon s’installe sur la Promenade des Anglais le temps d’un week-end. Les 27 et 28 juin 2026, Nice célèbre le Sakura Matsuri, sa fête du Japon, entre le Centre Universitaire Méditerranéen et le Musée des Arts Asiatiques. Dans la tradition nippone, un matsuri désigne une fête populaire mêlant rites, artisanat et réjouissances collectives, et la déclinaison niçoise en reprend fidèlement l’esprit avec des ateliers, des expositions, des conférences et des cérémonies accessibles à tous.
Cette édition porte une charge symbolique particulière, puisqu’elle marque le 60e anniversaire du jumelage entre Nice et Kamakura, l’ancienne capitale des shoguns située au sud de Tokyo. Entre démonstrations d’arts traditionnels et rendez-vous en petit comité, comment tirer le meilleur de ces deux journées japonaises sans rien manquer du programme ?
Soixante ans d’amitié entre Nice et Kamakura
Le partenariat entre les deux villes a été scellé en 1966, à une époque où les jumelages franco-japonais restaient rares. Soixante ans plus tard, la fête prend une dimension officielle, car Nice accueillera Takashi Matsuo, le maire de Kamakura en personne, venu honorer six décennies de coopération et d’échanges culturels entre les deux rives.
L’événement bénéficie du soutien de l’Ambassade du Japon en France et du Consulat général du Japon à Marseille, épaulés par des partenaires locaux comme le Nice Kendo Club, CLAIR Paris, le Bonsaï Center ou l’association Manga Paradise. D’après la Ville de Nice, le programme aligne une quarantaine de rendez-vous répartis sur les deux jours, dont une large majorité en accès gratuit sur inscription.
Kamakura n’est pas une jumelle choisie au hasard. Capitale du premier shogunat entre 1185 et 1333, la cité côtière abrite un patrimoine exceptionnel, à commencer par son Grand Bouddha de bronze haut de plus de 11 mètres, coulé au XIIIe siècle. Cette profondeur historique trouve à Nice un écho méditerranéen dans deux lieux emblématiques qui serviront d’écrin au festival.
Deux adresses sur la Promenade des Anglais
Le festival se déploie sur deux sites distants d’environ cinq kilomètres, tous deux posés face à la mer. Le Centre Universitaire Méditerranéen, au 65 promenade des Anglais, reçoit les conférences et la cérémonie du thé de l’École Sekishû conduite par Maître Sôken Nakane, tandis que le Musée des Arts Asiatiques, au 405 promenade des Anglais, concentre la quasi-totalité des ateliers pratiques du week-end.
Le musée vaut à lui seul le détour, avec son bâtiment de marbre blanc dessiné par Kenzo Tange, posé sur le lac du Parc Phoenix. Côté organisation, les portes ouvrent 30 minutes avant chaque conférence et 15 minutes avant chaque atelier, un détail qui compte pour qui veut enchaîner plusieurs rendez-vous dans la même journée. Encore faut-il savoir quelles activités réserver en priorité.
Des ateliers gratuits pour s’initier aux arts japonais
Au Musée des Arts Asiatiques, la journée du samedi 27 juin fait la part belle à la pratique, avec des ateliers gratuits encadrés par des maîtres japonais et organisés par créneaux de 20 à 30 minutes :
- la calligraphie avec Urara Ito, par groupes de 4 participants ;
- l’origami avec Kaédé Aoyama, accessible dès 7 ans ;
- l’ikebana, l’art floral japonais, avec Emi Yoshimura, à partir de 10 ans ;
- l’initiation à la cérémonie du thé avec Mina Mizuno, par groupes de 7 personnes ;
- la dorure et l’origami de cerisiers proposés par CLAIR Paris ;
- le pixel art manga animé par Manga Paradise, jusqu’à 8 participants par créneau.
L’inscription préalable est obligatoire pour les ateliers comme pour les conférences, et la participation reste limitée à un seul atelier par personne, une règle pensée pour ouvrir ces formats intimistes au plus grand nombre.
Entre deux créneaux, les salles du musée réservent une autre plongée dans l’archipel, avec une exposition d’estampes qui vit ses derniers jours.
Saltimbanques au Japon, une exposition à voir avant la fermeture
Présentée depuis le 28 février au Musée des Arts Asiatiques, l’exposition « Saltimbanques au Japon » s’achève le 28 juin 2026, précisément le dernier jour du festival. Issue de la collection J.-Y. et G. Borg, elle rassemble des estampes des époques d’Edo et de Meiji, soit près de trois siècles d’imaginaire autour des spectacles populaires et des arts de la rue japonais.
À l’ombre des cerisiers en fleur, il n’y a pas de parfait étranger.
Kobayashi Issa, poète japonais, haïku composé au début du XIXe siècle, traduit du japonais
Ce vers du maître du haïku résume l’esprit du sakura, le cerisier dont la floraison rassemble chaque printemps des millions de Japonais pour le hanami, la contemplation des fleurs. La fête niçoise cultive la même promesse d’hospitalité et de curiosité partagée, encore faut-il arriver sur place sans stress logistique.
Venir au festival sans souci de stationnement
Le stationnement reste le point sensible des grands week-ends sur la Promenade des Anglais. La ligne 2 du tramway dessert l’arrêt Parc Phoenix, à quelques minutes à pied du Musée des Arts Asiatiques, et l’aéroport Nice Côte d’Azur se trouve à moins de dix minutes du site, un vrai confort pour les visiteurs qui atterrissent le matin même.
Pour relier les deux sites du festival, rejoindre son hôtel ou prolonger la soirée dans le Vieux-Nice, une voiture avec chauffeur privé évite la recherche de place et les correspondances, surtout en famille. La fin juin niçoise est par ailleurs très dense, entre l’odyssée immersive consacrée aux Vikings installée sur la Promenade et la grande nuit de concerts gratuits du 21 juin, ce qui promet une circulation chargée sur tout le littoral azuréen durant la quinzaine.
Les amateurs d’art peuvent aussi bâtir un itinéraire culturel sur deux jours, en combinant l’escale japonaise du matin avec les prêts exceptionnels du Centre Pompidou visibles sur la colline de Cimiez. Cette densité d’offres dessine un mois de juin culturellement hors norme, et le Sakura Matsuri en est l’une des touches les plus dépaysantes.
Quand Nice regarde vers le Levant
Au-delà du week-end festif, le Sakura Matsuri raconte la manière dont une destination méditerranéenne entretient ses liens avec l’Asie. Un jumelage actif depuis 1966 ne se résume pas à des cérémonies protocolaires, il irrigue des échanges scolaires, artistiques et économiques qui se renouvellent à chaque génération, et la venue du maire de Kamakura en est la traduction la plus visible.
La question de la transmission se pose désormais pour les soixante prochaines années, entre une jeunesse niçoise passionnée de manga et une culture japonaise classique que le festival s’attache à faire découvrir par le geste. Le programme complet et les formulaires d’inscription sont disponibles sur le site de la Ville de Nice, où chaque atelier affiche ses horaires, ses âges minimaux et ses capacités d’accueil détaillées.

