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Huit jours, six salles et des dizaines de films qui tiennent en moins d’une heure : la 26e édition d’Un Festival C’est Trop Court a ouvert ses portes vendredi 2 octobre au 109, dans le nord-est de Nice, et se poursuit jusqu’au vendredi 9 octobre. Ce rendez-vous porté par l’association Héliotrope, créée le 15 janvier 1997, s’est imposé comme le festival européen du court métrage de Nice, une vitrine de la jeune création qui circule entre le Vieux-Nice, le centre-ville et la route de Turin.
Le format court a ses fidèles, mais il reste mal connu du grand public, alors qu’il sert souvent de premier banc d’essai aux cinéastes de demain. Le festival prend le relais du rendez-vous entre cinéma et littérature refermé le samedi 3 octobre. Cette année, l’édition s’inscrit dans L’Automne de l’image, une saison de festivals qui court du 19 septembre au 29 novembre 2026 et fédère 18 associations niçoises. Comment profiter au mieux de ce qu’il reste de la programmation, et que faut-il prévoir pour passer d’une salle à l’autre ?
Quatre compétitions pour 87 films en lice
Le catalogue officiel, publié le 30 septembre, détaille quatre sélections aux identités bien distinctes, chacune avec son propre jury et ses dotations.
| Compétition | Films | Programmes | Pays représentés | À retenir |
|---|---|---|---|---|
| Européenne | 34 | 8 | 14 | Prix du public Ville de Nice, Prix étudiant |
| Expérience | 19 | 3 | 14 | Formes expérimentales et hybrides |
| Animation | 23 | 2 | 12 | Créations étudiantes, du dessin à la 3D |
| Courts d’ici | 11 | 3 | Région Sud et Corse | Prix Région Sud |
La compétition européenne concentre l’essentiel des séances et le public y vote à la sortie de chaque programme. Les dotations ne sont pas symboliques : d’après le catalogue, le Prix étudiant atteint 1 500 €, le Prix du meilleur scénario 1 000 € offerts par le Département des Alpes-Maritimes, et le Prix Ville de Nice cumule 3 000 € en prestations techniques et en matériel.
Derrière ces chiffres, cette 26e édition porte aussi un thème et une dédicace particulière, qui donnent sa couleur au week-end.
Le voyageur en transe, un hommage à Tony Gatlif
Le fil rouge de l’année, « Le voyageur en transe », est né d’un rapprochement avec le Consortium RéMMi de l’Université Côte d’Azur et son projet consacré aux récits de migrations. Il devait accueillir Tony Gatlif en invité d’honneur. Dans son éditorial, le maire de Nice Éric Ciotti rappelle que le réalisateur est parti le 2 septembre dernier, et l’invitation s’est muée en hommage.
Le cinéaste laisse 24 films, dont 3 courts métrages, selon le directeur artistique du festival. Trois d’entre eux sont projetés pendant le festival, et Exils se joue ce dimanche 4 octobre à 16 h dans la salle Pop-Up du 109, deux heures après la masterclass de la compositrice Delphine Mantoulet, proche collaboratrice du réalisateur. Latcho Drom suit en soirée au cinéma Variétés, en écho au festival consacré au Rajasthan qui se tient dans la ville jusqu’au 10 octobre.
Latcho drom, signifie bonne route, c’est sous cette bonne étoile que la 26e édition d’Un Festival C’est trop Court rendra hommage à Tony Gatlif.
Laurent Tremeau, directeur artistique d’Un Festival C’est Trop Court!, éditorial du catalogue officiel de la 26e édition, publié le 30 septembre 2026
La Cinémathèque de Nice, qui fête ses 50 ans, s’associe à l’hommage avec Mondo, tourné à Nice, et Ange, le dernier film du cinéaste. Reste à savoir où se jouent toutes ces séances, car le festival s’éparpille dans la ville.
Six adresses entre le Vieux-Nice et la route de Turin
Les projections se répartissent sur plusieurs sites, tous desservis par le tramway, et le stationnement en centre-ville reste le vrai casse-tête en soirée :
- le 109, 89 route de Turin, avec la salle Pop-Up, le QG du festival et le Frigo 16, arrêt Vauban de la ligne 1 ou bus 7, 8, 14, 19 et 88 ;
- le cinéma Jean-Paul Belmondo, 16 place Garibaldi, arrêt Garibaldi des lignes 1 et 2 ;
- le cinéma Variétés, 5 boulevard Victor-Hugo, accessible depuis l’arrêt Jean-Médecin ;
- le cinéma Le Rialto, 4 rue de Rivoli, arrêt Alsace-Lorraine de la ligne 2 ;
- la salle Laure Ecard, 50 boulevard Saint-Roch, arrêt Saint-Roch de la ligne 1 ;
- la CCI Nice Côte d’Azur, boulevard Carabacel, desservie par le bus 5.
Côté trajets, la ligne 1 relie directement Garibaldi et Vauban, ce qui permet d’enchaîner une séance au Belmondo et une autre au 109 sans reprendre la voiture. Au 109, le bureau du festival reste ouvert de 10 h à 20 h jusqu’au jeudi 8 octobre, puis de 10 h à 14 h le vendredi 9.
Pass à 35 euros et séances gratuites
Pour ceux qui veulent tout voir, le Pass Festival coûte 35 € et ouvre toutes les séances hors concerts, cérémonies et avant-premières, catalogue et adhésion 2026 compris. Le pass réduit descend à 25 € pour les étudiants, demandeurs d’emploi, retraités ou intermittents, et les 15-21 ans le trouvent à 20 € via le Pass Culture.
À l’unité, la séance s’affiche à 7 €, ou 5 € en tarif réduit, et plusieurs rendez-vous sont gratuits sur réservation : la séance Ciné-santé du lundi 5 octobre à 18 h 30 au Belmondo, quatre courts métrages pour 1 h 31, ainsi que la cérémonie de clôture. Au Belmondo, les séances spéciales passent même à 4 € en tarif unique.
Le budget reste donc modeste, et la vraie question devient celle du choix, tant le calendrier des derniers jours est dense.
Les temps forts jusqu’au 9 octobre
Ce dimanche 4 octobre concentre quatre programmes de la compétition européenne au Belmondo, à 14 h, 16 h, 18 h et 20 h 30, pendant que le 109 accueille Nice Dance Film à 18 h, six films de danse pour 1 h 31, puis les Courts d’ici à 20 h 30.
Le lundi 5 octobre ouvre la compétition Expérience à 16 h à la salle Pop-Up, avec 19 films qui bousculent les codes du récit, avant deux séances européennes au cinéma Variétés à 19 h et 21 h. Le mardi 6, la compétition Animation prend le relais à 20 h 30 au Belmondo.
Côté professionnels, le Nice Short Meeting réunit les accrédités le jeudi 8 octobre dès 9 h à la CCI, sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la filière audiovisuelle. Lancé en 2010, ce marché du film court explore chaque année les enjeux économiques du format.
Tout converge ensuite vers le vendredi soir, quand le palmarès sera dévoilé au cinéma Variétés.
Une clôture au Variétés, puis un battle de danse
La cérémonie de clôture débute le vendredi 9 octobre dès 19 h au Variétés, avec la remise des prix et une sélection de films primés à voir ou revoir, entrée gratuite sur réservation. La soirée se prolonge au Frigo 16 du 109 avec un battle de danse en duo, lui aussi gratuit sur inscription.
Le court métrage reste un format fragile, que près de 27 000 élèves du département découvrent chaque année grâce aux dispositifs d’éducation à l’image coordonnés par Héliotrope, selon le préfet des Alpes-Maritimes. À l’heure où les plateformes misent sur les séries au long cours, ces 87 films en compétition rappellent ce qu’un regard neuf peut dire en dix minutes, et ce que la ville gagne à les montrer sur grand écran, en écho aux 80 ans du Festival de Cannes, célébrés par un cycle de conférences jusqu’au printemps 2027. Programme complet et réservations sur le site officiel du festival.

