Les 80 ans du Festival de Cannes : Thierry Frémaux ouvre le cycle de conférences le 8 septembre

Salle de cinéma vide aux fauteuils rouges, pupitre en bois et micro devant l'écran éclairé
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Cannes vit au rythme de son festival depuis quatre-vingts ans, et la ville a choisi de raconter cette histoire avant même de la fêter. La 80e édition du Festival de Cannes se tiendra en mai 2027, mais la programmation anniversaire démarre dès septembre 2026, sous la forme d’un cycle de conférences ouvert au public. Le principe tient en une phrase : des rendez-vous en salle, étalés sur plusieurs mois, où celles et ceux qui font la manifestation viennent expliquer d’où elle vient et comment elle s’est imposée.

Pour qui passe quelques jours sur la Côte d’Azur, la porte d’entrée est rare. Onze jours par an, le Festival reste réservé aux professionnels et aux accrédités, et le badge ne se négocie pas. Ces conférences, elles, se tiennent hors saison, dans une salle de quartier, et donnent la parole à des gens qui connaissent le Festival de l’intérieur. Reste à savoir ce que réserve vraiment ce premier rendez-vous du 8 septembre ?

Thierry Frémaux ouvre le cycle le 8 septembre à l’Espace Miramar

Le coup d’envoi est calé au mardi 8 septembre 2026, à 18h30, à l’Espace Miramar, au 32 rue Pasteur. La séance est annoncée jusqu’à 20h30, soit deux heures de conférence en plein centre de Cannes, à quelques minutes à pied de la Croisette et du Palais des Festivals. Le titre de cette première intervention donne le ton : Le Festival de Cannes, la splendeur d’une idée universelle.

Celui qui la donne connaît la maison mieux que personne. Thierry Frémaux a découvert le Festival en 1979, du côté du public, avant d’y revenir comme professionnel. Nommé délégué artistique en 2000 par Gilles Jacob, puis délégué général en 2007, il pilote depuis la sélection officielle aux côtés des présidents successifs, Pierre Lescure puis Iris Knobloch, arrivée à la présidence en 2022.

Trois structures s’associent pour ce cycle : la Ville de Cannes, le Festival de Cannes et Cannes Cinéma, qui programme des séances toute l’année dans la ville. Cette alliance explique la tenue de la conférence dans un équipement municipal plutôt que dans une salle du Palais, et elle dit aussi quelque chose du contenu annoncé.

Une idée née en 1939, relancée en 1946

La conférence remonte à l’acte de naissance de la manifestation. À l’origine du Festival International du Film, il y a une intention politique autant que cinéphile : rassembler en France, et à Cannes, le cinéma mondial dans ce que la Ville décrit aujourd’hui comme un festival de la liberté. La première édition, prévue en 1939, n’a jamais eu lieu, balayée par l’entrée en guerre quelques jours avant son ouverture.

Le rendez-vous renaît en 1946, et la suite ressemble à une accélération continue jusqu’au statut actuel de plus grande fête du cinéma au monde. Ce sont ces bascules, la fondation manquée, la relance d’après-guerre, la montée en puissance des décennies suivantes, que le délégué général se propose de dérouler devant le public cannois. Autant dire que la soirée intéressera aussi les visiteurs venus pour l’ambiance plus que pour le tapis rouge.

Ce qu’il faut avoir en tête avant de venir

Quelques repères pratiques évitent de découvrir le lieu au dernier moment, surtout un soir de rentrée où la circulation reprend ses habitudes dans le centre :

  • rendez-vous le mardi 8 septembre 2026, de 18h30 à 20h30 ;
  • adresse de l’Espace Miramar, 32 rue Pasteur, à Cannes, côté Croisette ;
  • quartier très contraint en stationnement, avec des parkings souterrains sur la Croisette et près du Palais ;
  • conférence donnée en français, sans projection annoncée ;
  • premier rendez-vous d’un cycle qui se poursuit les mois suivants.

Le créneau de 18h30 tombe pile dans le pic de circulation cannois, et la rue Pasteur ne se traverse pas vite en voiture à cette heure-là. Prévoir vingt minutes de marge sur le trajet reste la précaution la plus simple, quitte à se faire déposer en amont et à finir à pied par les rues perpendiculaires à la Croisette.

Ceux qui logent à Nice ou à Antibes ont intérêt à regarder le train régional, qui dessert la gare de Cannes à dix minutes à pied de la salle, plutôt que l’A8 en fin de journée.

Un musée international du cinéma en toile de fond

Ce cycle de conférences ne sort pas de nulle part. Depuis mai 2025, Cannes a rendu public le contenu du premier module de son futur Musée International du Cinéma, un espace de 1 000 mètres carrés consacré au Festival, conçu par Thierry Frémaux avec le critique et commissaire d’expositions Jacques Gerber. Archives, objets rares, costumes et témoignages y racontent l’histoire de la manifestation depuis 1939, avec une mise à jour prévue chaque année.

Nous sommes fiers d’être le premier festival de cinéma à disposer d’un musée à part entière. Comme l’Académie des Oscars à Los Angeles qui s’est dotée d’un lieu extraordinaire, le Festival International du Film pourra, grâce à la Mairie de Cannes, déployer sa magnifique histoire de façon permanente, toute l’année et pour tous les publics.

Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, lors de la présentation du premier module du Musée International du Cinéma à Cannes, le 19 mai 2025

À terme, l’ensemble doit atteindre 5 500 mètres carrés et devenir, selon la Mairie de Cannes, le plus grand musée d’Europe dédié au 7e art, avec expositions temporaires, salle de projection et espace pour le jeune public. Les conférences jouent le rôle d’avant-première de ce projet : elles installent le récit avant que les murs ne l’accueillent.

Le calendrier tient ensemble sans forcer, puisque la programmation labellisée 80e court jusqu’au printemps 2027, à quelques semaines de l’édition anniversaire.

Un mardi soir dans une rentrée culturelle très dense

La date ne tombe pas dans un désert. La veille, le 7 septembre, le cinéma mondial se retrouve à Saint-Paul-de-Vence, à une heure de route de Cannes. Deux semaines plus tard, la saison du Théâtre de la Licorne s’ouvre le 25 septembre, à l’autre bout de la ville. Septembre concentre les ouvertures de saison sur toute la Côte d’Azur, et les salles cannoises ne font pas exception.

Cette densité change la façon de circuler. Cannes accueille chaque année des rendez-vous professionnels considérables, à l’image des 13 000 professionnels de la création réunis en juin, et la ville sait absorber les flux. Un mardi de septembre, la contrainte se déplace : les parkings du centre se remplissent surtout entre 18h et 20h, au moment précis où la conférence commence.

Ce que Cannes met en jeu avec ses quatre-vingts ans

Ouvrir la mémoire du Festival au grand public, hors des onze jours de mai, revient à poser une question que la ville se pose depuis longtemps : comment exister comme destination de cinéma le reste de l’année ? Le musée à 5 500 mètres carrés, les conférences, les expositions annoncées jusqu’en 2027 dessinent une réponse en creux, celle d’une histoire qui se visite douze mois sur douze.

Pour le visiteur, la différence est concrète : un soir de septembre à l’Espace Miramar coûte moins cher et s’approche de bien plus près qu’une montée des marches. Le programme complet du cycle et les modalités d’accès sont détaillés sur le site de Cannes Cinéma.


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