Bernard Reyboz : Hors norme, l’exposition gratuite de L’Artistique à Nice jusqu’au 16 janvier 2027

Un visiteur de dos observe trois sculptures posées sur des socles blancs dans une salle claire au parquet à chevrons.
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Le boulevard Dubouchage n’est pas la première adresse que l’on donne à un visiteur pressé de découvrir Nice. Pourtant, à deux pas de l’avenue Jean Médecin, un hôtel particulier municipal accueille depuis le 11 septembre une rétrospective consacrée à Bernard Reyboz, artiste français disparu en 2012 dont l’œuvre tient autant de la sculpture que du cabinet de curiosités. L’exposition s’appelle « Hors norme » et l’entrée y est entièrement gratuite.

Une rétrospective, c’est une exposition qui embrasse toute une carrière plutôt qu’une seule période de travail. Celle-ci court jusqu’au 16 janvier 2027, ce qui la rend accessible à peu près à n’importe quel moment d’un séjour sur la Côte d’Azur, arrière-saison et vacances de fin d’année comprises. Reste une question que se pose tout visiteur qui dispose de peu de temps : pourquoi consacrer une heure à un artiste dont il n’a jamais entendu parler ?

Une œuvre qui ne rentre dans aucune case

Bernard Reyboz naît à Lyon en 1951 et meurt à Antibes en 2012. Entre les deux, il se forme aux Beaux-arts de Besançon, puis dans l’école d’art contemporain niçoise qui a façonné une bonne partie de la scène locale. Il gagne d’abord sa vie dans l’illustration, la publicité et l’édition, avant de basculer vers autre chose.

Le tournant se situe en 1980 : il se consacre alors entièrement à la création. Ses objets naissent d’éléments naturels très simples, ramassés puis assemblés en formes inattendues, avec une attention presque scientifique portée à la matière. Il expose à Nice, mais aussi à Tokyo, Paris et Pusan. Son travail circule donc bien au-delà du bassin méditerranéen, sans jamais se laisser ranger dans un courant identifiable.

Cette difficulté à le classer explique sans doute pourquoi son nom reste confidentiel en dehors du milieu. La Ville de Nice le décrit comme un inventeur d’univers et un architecte de l’organique, deux formules qui trahissent surtout l’embarras de la fiche descriptive. C’est précisément cet embarras qui rend la visite intéressante, parce qu’on entre sans savoir ce qu’on va voir.

Des dessins d’humour qu’il gardait pour lui

Reyboz a aussi été un dessinateur d’humour, et pas à la marge. Dans les années 1990, il collabore à Fluide glacial, l’un des grands titres de la bande dessinée satirique française. Ces planches-là n’ont pourtant presque jamais été montrées au public.

L’exposition présente des recueils tout juste édités de ces dessins, dont certains consacrés aux artistes de l’école de Nice. Selon la présentation publiée par la Ville de Nice, l’artiste préférait les réserver à lui-même et à ses proches. C’est donc une part inédite de son travail qui sort des cartons boulevard Dubouchage, et elle éclaire un tempérament ludique, inventif, parfois franchement caustique.

Ce qu’il faut savoir avant de pousser la porte

Avant de caler cette visite dans un programme de séjour, quelques points pratiques méritent d’être connus, parce qu’ils déterminent l’heure et le jour où l’on se présente.

  • L’exposition se tient à L’Artistique, Centre d’arts et de culture et Espace Ferrero, 27 boulevard Dubouchage, à Nice ;
  • elle est visible du 11 septembre 2026 au 16 janvier 2027 ;
  • l’entrée est libre et gratuite, sans inscription ni réservation préalable ;
  • le lieu ouvre du mardi au samedi, de 10 heures à 18 heures, et reste fermé le lundi et le dimanche ;
  • les renseignements se prennent auprès du centre au 04 97 13 47 70.

Le détail qui compte vraiment pour un court séjour, c’est la fermeture dominicale. Beaucoup de visiteurs réservent le dimanche aux musées et se retrouvent devant une porte close boulevard Dubouchage. Le samedi matin reste le créneau le plus confortable, quand le centre-ville n’est pas encore saturé et que les places de stationnement se libèrent encore.

L’autre point, c’est la durée. Une heure suffit largement pour faire le tour des salles, ce qui permet de glisser la visite entre deux rendez-vous ou avant un déjeuner dans le Vieux-Nice. La ville a d’ailleurs pris l’habitude de ces accrochages gratuits hors des grands musées, des dessins accrochés gare du Sud aux expositions temporaires de ses centres d’art municipaux.

L’Artistique, une adresse que les visiteurs connaissent mal

Le bâtiment appartient à la Ville de Nice et abrite deux choses bien distinctes. D’un côté, des expositions temporaires d’art contemporain qui se renouvellent plusieurs fois par an. De l’autre, la donation Ferrero, un fonds unique réuni par Jean Ferrero, photographe, marchand et ami des artistes niçois de sa génération.

Deux salons sont désormais ouverts à la déambulation libre. On y croise des œuvres d’Arman, Ben, César, Gilli et Malaval, mais aussi de figures plus singulières comme Martine Doytier, Jacques Séchaud, Serge III ou Pierre Pinoncelli. La collection raconte une époque glorieuse de l’art à Nice, celle où l’École de Nice pesait réellement dans le débat international.

L’univers de Bernard Reyboz nous offre un chaos qui parle d’harmonie et nous invite à regarder au-delà des apparences pour découvrir le mystère et la poésie cachés dans l’ordinaire.

Ville de Nice, présentation officielle de l’exposition « Bernard Reyboz : Hors norme », agenda culturel, septembre 2026

La visite de « Hors norme » se double donc, sans supplément, d’un passage par cette collection permanente. Chaque jeudi de 10 h 30 à 12 heures, le commissaire de la donation Ferrero anime en plus une visite commentée, gratuite elle aussi et ouverte à tous, qui dure une heure et demie.

Le 19 septembre, l’exposition entre dans les Journées du patrimoine

Le samedi 19 septembre, « Hors norme » s’inscrit au programme des Journées européennes du patrimoine. L’exposition se visite librement de 10 heures à 18 heures ce jour-là, sans changement de tarif puisque l’accès est déjà gratuit le reste de l’année.

L’intérêt du créneau se situe ailleurs. D’après la métropole Nice Côte d’Azur, le week-end des 19 et 20 septembre concentre plus de 130 visites sur l’ensemble du territoire, dont beaucoup de sites habituellement fermés au public. Caler L’Artistique en tout début de matinée libère l’après-midi pour des lieux qui, eux, n’ouvrent que deux jours dans l’année.

S’y rendre sans perdre sa matinée dans la circulation

Le boulevard Dubouchage traverse le centre de Nice d’est en ouest, entre la place Masséna et le quartier de la gare. En voiture, c’est un axe chargé aux heures de bureau, et le stationnement de surface y est payant sur toute sa longueur.

Depuis le 1er septembre, la Ville accorde deux heures de stationnement gratuit par jour dans les seize zones payantes, et le paiement s’arrête désormais à 19 heures. Ces deux heures couvrent exactement le format d’une visite à L’Artistique, à condition de ne pas les avoir déjà consommées ailleurs dans la journée.

En transport, le secteur est desservi par le réseau Lignes d’Azur et la gare de Nice-Ville se trouve à une dizaine de minutes de marche. La question du stationnement disparaît alors complètement, ce qui change beaucoup de choses quand on organise une matinée dans l’hypercentre avec des bagages ou de jeunes enfants.

Ce qu’une œuvre inclassable dit du regard porté sur la ville

Il y a quelque chose de cohérent à ce qu’une œuvre aussi rétive aux étiquettes trouve sa place ici. Nice a produit, dans les années 1960, une scène artistique construite exactement sur ce refus des catégories héritées. Reyboz prolonge cette lignée sans en revendiquer l’héritage, ce qui est peut-être la façon la plus fidèle de s’y inscrire.

Quatre mois d’exposition, c’est long à l’échelle d’un centre d’art. Assez pour que les visiteurs d’automne et ceux des fêtes de fin d’année y passent, assez aussi pour que le lieu reste, comme souvent, moins fréquenté que les grandes institutions du front de mer. Le programme détaillé se consulte sur le site de la Ville de Nice.


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