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- Six jours de bateaux de tradition dans la rade de Villefranche
- Ce qui se passe sur le quai, du matelotage au concert du samedi
- Le programme des navigations, jour par jour
- Une flotte où l’Irlande est l’invitée d’honneur
- Arriver à la Darse sans y laisser sa matinée
- Ce que la voile latine raconte encore de la rade
Voir un port de la Côte d’Azur se remplir de coques en bois, de mâts courts et de voiles triangulaires n’arrive pas tous les ans. Du 15 au 20 septembre 2026, le Port royal de la Darse de Villefranche-sur-Mer accueille la deuxième édition des Voiles Maralpines, portée par le Conseil départemental des Alpes-Maritimes et l’association Une Yole pour Villefranche. Une soixantaine d’embarcations venues de France, d’Irlande, du Portugal et de Chypre sont annoncées sur six jours.
Une rencontre de bateaux traditionnels rassemble de petites unités anciennes, en bois pour la plupart, restaurées par des associations, qui naviguent ensemble le temps d’une semaine. La première édition datait de fin août 2023, et le Département avait choisi de mettre en avant ces embarcations modestes plutôt que les grands voiliers de régate qu’il soutient déjà ailleurs. Trois ans plus tard, la manifestation revient avec un village à terre et deux flottilles en mer. Reste à savoir ce qu’on y voit en descendant sur la Darse, et à quel moment il vaut mieux s’y présenter ?
Six jours de bateaux de tradition dans la rade de Villefranche
Le rendez-vous s’installe devant le bassin de radoub du Port royal, à l’écart du centre historique. Les organisateurs y montent un village maritime ouvert cinq jours, avec vingt-quatre stands déployés autour des bateaux amarrés au radoub. L’ouverture se fait en musique le mercredi après-midi, au retour de la flottille partie vers Nice.
La manifestation se joue sur deux niveaux. Une première flottille suit un parcours côtier de Nice à Èze, avec une soirée par commune d’escale, pendant qu’une seconde flottille reste dans la rade et forme un village à flots devant les ports de la Darse et de la Santé. Le public qui ne bouge pas de Villefranche voit donc des bateaux chaque jour.
Les journées des 19 et 20 septembre s’inscrivent dans les Journées européennes du patrimoine, ce qui ouvre les visites de bateaux à un public plus large que les seuls amateurs de voile. La commune n’en est pas à son coup d’essai en matière d’événements de bord de quai, elle qui accueille aussi ses rendez-vous musicaux au bord de l’eau au début de l’été.
Ce qui se passe sur le quai, du matelotage au concert du samedi
Le village n’est pas qu’une rangée de bateaux à regarder depuis le bord. Le programme publié par l’association Une Yole pour Villefranche détaille une série d’activités réparties sur la semaine, la plupart en accès libre. Voici ce que le quai propose concrètement à qui passe une demi-journée sur place.
- Des visites des plus grands bateaux entre deux navigations, avec rencontre des équipages ;
- Des ateliers pour enfants autour du matelotage, des cordages et des contes marins ;
- Des démonstrations de charpentiers de marine, qui travaillent le bois devant le public ;
- Des visites guidées de la Darse par l’association de sauvegarde du patrimoine maritime local ;
- Des conférences au Pôle-Mer, en accès libre dans la limite des places disponibles ;
- Une scène flottante, des buvettes, des food-trucks, des artisans et des libraires.
Le cycle de conférences mérite un coup d’œil au calendrier. Le jeudi 17 septembre, trois interventions se succèdent à 14 h, 16 h et 18 h, sur l’instrumentation océanographique, l’histoire de la Darse et l’origine irlandaise de la yole de Villefranche. Le vendredi 18 en propose deux autres, aux mêmes horaires de fin d’après-midi.
Une seule soirée est payante : le concert du groupe Pronghorn, samedi 19 septembre à 21 h à la Darse, fixé à 10 € pour le public, équipages et bénévoles invités. Tout le reste du village se visite sans billet.
Le programme des navigations, jour par jour
Les bateaux ne restent pas à quai. Chaque journée suit le même rythme, un départ le matin, une pause déjeuner sur une plage ou dans un port, puis une arrivée en fin d’après-midi dans la commune qui reçoit la soirée. Le tableau reprend les étapes de la première flottille telles qu’annoncées par les organisateurs.
| Date | Trajet de la journée | Soirée |
|---|---|---|
| Mercredi 16 septembre | Darse vers le port de Nice à 10 h, retour à 14 h | Villefranche-sur-Mer |
| Jeudi 17 septembre | Départ à 10 h, pique-nique au cap Ferrat à 12 h | Saint-Jean-Cap-Ferrat |
| Vendredi 18 septembre | Bouée au Cap-d’Ail, plage d’Èze à 12 h | Beaulieu-sur-Mer |
| Samedi 19 septembre | Beaulieu vers Villefranche, pique-nique au port de la Santé | Soirée des équipages |
| Dimanche 20 septembre | Visites, initiation à la voile latine, promenades en mer | Fin de la manifestation |
Ce découpage a une conséquence pratique pour qui veut photographier la flotte sous voiles : le meilleur créneau se situe entre 10 h et midi, quand les flottilles quittent leur port de départ. En milieu d’après-midi, les bateaux sont souvent rentrés ou en approche.
Les escales du soir déplacent la fête d’un village à l’autre. Saint-Jean-Cap-Ferrat reçoit la flottille le 17 septembre, et le village garde ses traditions marines de village bien vivantes le reste de l’année.
Une flotte où l’Irlande est l’invitée d’honneur
La deuxième édition met l’Irlande à l’honneur, et ce n’est pas un hasard de programmation. La yole de Bantry, dite aussi yole 1796, réplique un canot de commandement français capturé dans la baie de Bantry, et près de quatre-vingts exemplaires ont été construits depuis 1986 sur ce même plan. Quatre d’entre elles sont annoncées à Villefranche, dont la Laïssa Ana de l’association organisatrice.
Le reste de la flotte réunit la Méditerranée et l’Atlantique nord dans le même bassin. On y attend le Moby Dick, plus ancien pointu de l’association niçoise La Mouette conçu en 1921, le Stereden, côtre aurique de 8,77 m construit en 1958 pour l’école de marine marchande de Paimpol, le yawl Molly de 1914 et deux curraghs irlandais faits de lattes de bois recouvertes de toile enduite. À la même période, Cannes aligne ses grands voiliers classiques de tradition, dans un registre autrement imposant.
Arriver à la Darse sans y laisser sa matinée
La Darse n’est pas le port du centre. Elle se trouve sous la citadelle, côté est de la baie, et l’accès routier passe par un goulet unique que les riverains connaissent bien. Les places de stationnement y sont comptées même hors saison, et cinq jours de village sur le quai n’arrangeront rien.
Le train reste la solution la plus tranquille depuis Nice ou Monaco. La gare de Villefranche-sur-Mer est à quelques minutes de marche du port, et elle évite la basse corniche aux heures où les navettes de croisière descendent vers le port de la Santé. Ceux qui logent à Beaulieu, Èze-bord-de-mer ou Saint-Jean n’ont même pas à bouger le mercredi et le jeudi, puisque la flottille passe devant chez eux.
Le samedi 19 sera la journée la plus chargée, avec le retour de toutes les unités, le pique-nique de midi devant le port de la Santé et la soirée des équipages qui démarre à 19 h. Un dimanche matin est plus confortable en famille, avec les visites de bateaux et l’initiation à la voile latine depuis le quai du bassin de radoub.
Ce que la voile latine raconte encore de la rade
La voile latine, cette voile triangulaire portée par une antenne inclinée, a longtemps été le gréement ordinaire des côtes méditerranéennes avant de céder la place au moteur. Elle a été inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2018, une reconnaissance qui dit surtout à quel point sa pratique était devenue rare.
Ce qui se joue sur la Darse dépasse la belle image. Les charpentiers qui travaillent devant le public, les associations qui entretiennent un pointu de 1921 sur leurs cotisations, les équipages venus de Chypre ou d’Irlande forment un réseau fragile dont la visibilité tient à ce genre de rassemblement. Une flotte qui ne navigue plus finit par ne plus se transmettre, et la rade de Villefranche reste l’un des rares plans d’eau azuréens où ces bateaux tiennent le haut du pavé quelques jours par an. Le programme complet est publié sur le site officiel des Voiles Maralpines.

