Championnat du monde Ironman 70.3 : Nice accueille sa dernière édition les 12 et 13 septembre

Trois cyclistes en tenue bleue montent une route en corniche au-dessus d'une baie méditerranéenne
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Le triathlon longue distance a son vocabulaire, et le sigle 70.3 en fait partie : il désigne le nombre de miles cumulés sur les trois disciplines, soit 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21,1 km de course à pied, environ 113 km bout à bout. Nice connaît ce format mieux que personne, puisque la ville a organisé dès 1982 la première épreuve européenne combinant les trois disciplines, avant que la marque IRONMAN ne reprenne l’organisation locale en 2005.

Les 12 et 13 septembre 2026, la Baie des Anges n’accueille pas une manche ordinaire du circuit mais le championnat du monde IRONMAN 70.3, qui rassemble les qualifiés d’environ quatre-vingts courses réparties sur la planète. Ce sera la dernière fois, la Ville ayant décidé de ne pas reconduire l’accueil de ce format mondial au-delà de cette édition. Qu’est-ce que ces deux journées changent concrètement, pour ceux qui viennent voir la course comme pour ceux qui doivent simplement traverser Nice ?

Deux journées de course pour un seul championnat

Le format mondial du 70.3 répartit les catégories par sexe sur deux journées distinctes, ce qui n’est pas le cas des manches ordinaires du circuit. Les femmes s’élancent le samedi 12 septembre, les hommes le dimanche 13, et la ville reste donc en configuration course pendant un week-end entier plutôt qu’une seule journée.

Le départ est donné depuis la plage des Ponchettes, en contrebas du Vieux-Nice, pour une natation en pleine mer sans courant marqué mais exposée à la houle. La période de qualification qui a désigné ce plateau courait du 6 juillet 2025 au 28 juin 2026, date de l’étape niçoise du circuit, celle qui reste au calendrier les années suivantes.

Le champion sortant est belge, et il connaît bien le tracé : Jelle Geens se présente avec deux titres mondiaux consécutifs sur la distance. Le parcours qui l’attend n’a rien d’une formalité, et c’est la partie vélo qui lui vaut sa réputation.

Le col de Vence, juge de paix des 90 kilomètres à vélo

La section cycliste grimpe presque continuellement depuis la mer jusqu’aux contreforts des Alpes avant de redescendre sur Nice. Elle concentre environ 1 190 m de dénivelé positif, presque entièrement placés dans la première moitié du tracé. Voici comment se découpe cette portion de course.

  • Une ascension du col de Vence engagée vers le kilomètre 26,6, sur 9,7 km à 6,6 % de moyenne, avec des passages proches de 10 % et un pic au-delà de 12 % ;
  • Un passage à Coursegoules au kilomètre 44, après lequel le relief s’efface presque totalement ;
  • Moins de 90 m de dénivelé sur les 46 derniers kilomètres, une portion roulante où les écarts se jouent au braquet ;
  • Une descente technique de 11 km entamée vers le kilomètre 64, qui ramène les athlètes vers le littoral.

Ce profil récompense autant les grimpeurs que les descendeurs à l’aise en pilotage, ce qui explique la place à part du tracé niçois dans le circuit. Le contraste avec la troisième discipline est net, puisque les 21,1 km de course se déroulent en deux boucles plates sur la Promenade des Anglais.

Sur ce final, l’adversaire n’est plus le relief mais la température, souvent supérieure à 25 °C en septembre, après plusieurs heures d’effort. Cette exigence a longtemps servi d’argument à la ville pour défendre l’accueil de l’épreuve, argument que la nouvelle municipalité a précisément remis en cause.

Pourquoi cette édition mondiale est la dernière à Nice

Le 23 avril 2026, le maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur, Éric Ciotti, a présenté aux côtés de son adjoint aux finances Olivier Breuilly un plan d’économies visant 60 millions d’euros dès la première année. Trois grands rendez-vous sportifs figuraient au rayon des coupes, dont la finale du circuit IRONMAN 70.3 chiffrée à 1,6 million d’euros, l’Ultra-Trail et l’International de pétanque.

L’annonce a semé le doute jusque chez les athlètes déjà qualifiés, avant que l’organisateur ne publie une mise au point le jour même. Le calendrier de l’année restait inchangé, et seul l’après-2026 était réellement en jeu.

Malgré les informations parues aujourd’hui dans les médias, nous pouvons confirmer, en collaboration avec la Ville de Nice, que les éditions 2026 d’IRONMAN France Nice, d’IRONMAN 70.3 Nice ainsi que du championnat du monde IRONMAN 70.3 se tiendront comme prévu aux dates communiquées.

IRONMAN, communiqué de l’organisateur publié le 23 avril 2026, en réponse à l’annonce budgétaire de la Ville de Nice

Le résultat des arbitrages est aujourd’hui connu. Le championnat du monde 70.3 ne reviendra ni en 2028 ni en 2030 sur la Côte d’Azur, alors que la Métropole avait conclu avec le groupe IRONMAN un accord courant jusqu’en 2028, assorti d’une option sur 2030.

Nice ne quitte pas pour autant la carte mondiale du triathlon. Les épreuves IRONMAN et IRONMAN 70.3 dites classiques restent programmées jusqu’en 2029 au moins, à l’image de l’édition classique disputée fin juin sur le même littoral. Ce sont les fermetures de voirie du week-end mondial qui avaient été pointées par la municipalité, et elles seront bien au rendez-vous.

Ce que le week-end mondial change pour circuler

Le périmètre neutralisé dépasse largement les deux jours de course, selon les arrêtés publiés par la Ville de Nice. Le jardin Albert 1er ainsi que les espaces miroir d’eau et Jacques Médecin de la Promenade du Paillon ferment du mercredi 2 septembre à 7 h au mercredi 16 septembre à 23 h, seul l’accès au carrousel demeurant possible pendant le montage puis le démontage du village de course.

D’autres restrictions se superposent à ce calendrier sans lui être liées, et elles pèsent sur les trajets de nuit vers l’aéroport ou vers l’arrière-pays. Les mini-tunnels ferment en totalité du jeudi 10 septembre à 22 h au vendredi 11 septembre à 6 h pour la maintenance mensuelle, tandis que la voie Mathis reste ouverte de 23 h 30 à 5 h 30 du lundi 14 au vendredi 18 septembre, dans la semaine qui suit immédiatement la course.

Suivre les deux courses sans dépenser un euro

Le triathlon se court sur la voie publique, ce qui en fait l’un des rares championnats du monde entièrement gratuits pour le public. La Promenade des Anglais offre le meilleur rapport confort-spectacle, puisque les deux boucles du semi-marathon final y font repasser les athlètes à quelques minutes d’intervalle.

Les amateurs de départs préféreront la plage des Ponchettes au petit matin, quand les vagues de nageurs se succèdent dans la Baie des Anges. Ceux qui acceptent de monter dans l’arrière-pays trouveront sur la route du col de Vence des points de vue dégagés sur les neuf kilomètres d’ascension, à condition d’anticiper un stationnement que les villages traversés ne sont pas dimensionnés pour absorber.

Autour de la course, la semaine du 9 au 12 septembre s’anime de rendez-vous ouverts, entre sessions de natation en Baie des Anges et rencontres avec les marques partenaires, Precision Fuel & Hydration étant le sponsor titre de l’épreuve. Le début du mois est chargé sur la côte, entre cette semaine de triathlon et la traversée à la nage des îles de Lérins programmée le 6 septembre à Cannes.

Ce que Nice garde du triathlon après 2026

Un championnat du monde reste un contrat entre une ville et un organisateur, et l’équation niçoise met face à face 1,6 million d’euros de dépense publique et des nuitées d’hôtel remplies en septembre. Le débat sur la valeur réelle de ces vitrines sportives ne concerne pas que Nice, mais il se pose ici avec une acuité particulière, dans un département dont l’agenda touristique repose largement sur ses grands rendez-vous, du tournoi mondial de jeux de combat attendu en octobre aux festivals de l’été.

La question qui se posera dans les prochaines saisons tient en une comparaison : ce que pèse l’absence d’un mondial face au maintien des épreuves classiques jusqu’en 2029. Pour l’heure, le 13 septembre au soir refermera un chapitre ouvert en 2019, année du premier championnat du monde 70.3 couru à Nice. Le programme, les horaires de départ et le détail des parcours sont consultables sur le site officiel de l’épreuve.


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