Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Au 2 rue Georges Ville, dans le quartier du port de Nice, une porte s’est ouverte le 17 septembre sur un lieu qui n’existait pas encore ici : un espace entièrement consacré à la formation de l’acteur, du premier atelier d’enfant jusqu’au travail de comédiens en activité. L’Avant-Scène, c’est son nom, réunit sous un même toit des cours de théâtre, de chant, d’improvisation et d’expression corporelle, ainsi que les répétitions de la compagnie qui l’anime, Mademoiselle et Compagnie.
La Côte d’Azur ne manque ni de salles ni de festivals, mais les endroits où l’on apprend le métier restent rares et se logent le plus souvent dans des locaux partagés. Porté par la comédienne et metteuse en scène Sophie Chiara, le projet prend le contre-pied de cette habitude avec un local loué puis rénové de fond en comble par l’équipe, ouvert de septembre à juin et complété par des stages en juillet. Qu’est-ce qui se joue vraiment derrière cette porte, et à qui ce lieu s’adresse-t-il ?
Une fille du port qui revient chez elle
Diplômée du Conservatoire de Nice et du Conservatoire Hector Berlioz à Paris, Sophie Chiara enseigne depuis plus de quinze ans auprès d’enfants et d’adultes. Le choix de l’adresse ne doit rien à une opportunité immobilière : la comédienne a grandi dans ce quartier et y installe aujourd’hui l’outil de travail de sa compagnie.
Je suis une fille du port. Je me suis dit que si je montais un projet, ce serait forcément ici.
Sophie Chiara, comédienne et metteuse en scène, propos recueillis par Nice Premium le 19 septembre 2026, au lendemain de l’inauguration de L’Avant-Scène
Le nom du lieu renvoie à une revue théâtrale créée en 1949, que la fondatrice lisait enfant. La référence résume assez bien le programme : tout ce qui précède la représentation, le corps, la voix, l’écoute, la présence. Rien de ce qui se passe ici n’est encore un spectacle, et c’est exactement le propos.
Le lieu a déjà dépassé le cercle du quartier. D’après Nice Premium, qui a couvert l’inauguration du 17 septembre, des compagnies italiennes et espagnoles y sont venues travailler, les premières pour le chant, les secondes pour un stage d’expression corporelle. La salle sert donc autant à former qu’à accueillir.
Ce que l’on peut y pratiquer
La proposition ne se limite pas au cours de théâtre classique, et c’est ce qui distingue l’endroit des ateliers associatifs du centre-ville. Six familles d’activités cohabitent sur la semaine, chacune confiée à un intervenant différent.
- le théâtre pour enfants et adolescents, dès 6 ans, en groupes de 8 à 12 élèves au maximum ;
- l’atelier d’improvisation de Jean Cléricy, le lundi, réparti en deux groupes d’une heure trente ;
- trois ateliers de théâtre adultes, du débutant au comédien amateur confirmé ;
- l’École du Comédien, parcours long conçu pour une pratique à exigences professionnelles ;
- le chant et le coaching vocal de Caroline Billard, deux vendredis par mois de 19h à 20h30 ;
- des stages de week-end répartis sur l’année et des soirées cabaret un vendredi par mois.
Les effectifs réduits ne relèvent pas de l’argument commercial : huit à douze élèves par groupe chez les plus jeunes autorisent un suivi individuel que les grandes structures ne peuvent pas tenir. Chaque atelier débouche sur un passage devant du public.
Les enfants et les adolescents présentent leur travail lors d’un spectacle de fin d’année dans un théâtre niçois, les adultes dès le mois de décembre, et les improvisateurs disputent trois matchs ouverts au public, dans l’esprit des rendez-vous gratuits qui ont animé le kiosque de la Promenade du Paillon cet été. Reste à savoir quand tout cela se joue.
Les créneaux de la semaine
Les ateliers adultes se répartissent sur trois soirées, avec une durée et un encadrement propres à chacun. Deux d’entre eux se tiennent rue Georges Ville, le troisième au Théâtre Francis Gag, dans le Vieux-Nice.
| Atelier | Créneau | Intervenant |
|---|---|---|
| Théâtre adultes | Mardi 19h-21h30 | Nicolas Carré, au Théâtre Francis Gag |
| Théâtre adultes | Mardi 19h30-22h | Sophie Chiara |
| Théâtre adultes | Mercredi 19h30-22h | Isabelle Moinet-Bondiau |
| Improvisation | Lundi 19h-20h30 et 20h30-22h | Jean Cléricy |
| Théâtre en après-midi | Mardi 14h30-16h30 | Nicolas Carré |
Le mardi concentre à lui seul trois rendez-vous, du milieu d’après-midi jusqu’à vingt-deux heures. L’atelier de 14h30 n’exige aucun prérequis, ce qui en fait la porte d’entrée la plus simple pour qui découvre la pratique et dispose de ses journées.
L’École du Comédien, le volet le plus exigeant
Le parcours le plus lourd de la maison vise celles et ceux qui préparent des concours, des auditions ou des castings. Il repose sur un cours de trois heures chaque jeudi soir, de 19h à 22h, complété par un samedi matin par mois, de 10h à 12h.
S’y ajoutent six stages annuels de douze heures chacun, soit soixante-douze heures de perfectionnement, puis trois rendez-vous personnalisés de trois heures par élève. Le programme couvre le clown, le théâtre musical et le jeu face caméra, auxquels s’ajoutent la commedia dell’arte et le travail du corps.
Sept intervenants se partagent cette pédagogie, parmi lesquels Olivier Debos, Lionel Sautet, Christian Guérin et Christine Eynard. Une équipe de cette taille dans une structure associative reste peu courante à Nice, très loin des moyens que mobilisent les saisons annoncées par les grandes maisons du département, et elle donne la mesure de l’ambition affichée.
Comment s’y rendre sans tourner en rond
La rue Georges Ville se situe dans le quartier du port, un secteur où le stationnement de surface se libère rarement en soirée. Le parking du port Lympia reste l’option la plus fiable quand un atelier démarre à 19h30, c’est-à-dire au moment précis où les riverains rentrent chez eux.
La ligne 2 du tramway relie l’aéroport au terminus Port Lympia et dessert le secteur, ce qui règle la question de la voiture pour les créneaux du soir. Le numéro affiché par le lieu, le 06 63 71 13 69, reste le moyen le plus direct de vérifier un horaire avant de se déplacer, la grille tarifaire de la saison 2026-2027 étant publiée en ligne.
Ce qu’un lieu de formation change pour une ville
Nice ne manque pas de scènes, et la rentrée des salles niçoises vient encore de le rappeler. Ce qui manquait, c’est l’étage du dessous, celui de la fabrication : les heures de répétition, les stages de week-end, les groupes qui se cherchent pendant neuf mois avant de jouer trente minutes.
Le modèle reste fragile. La structure a obtenu une aide du département l’an dernier et espère convaincre la nouvelle municipalité ; ses animateurs relèvent du régime de l’intermittence, et un local en bord de port ne se loue pas au rabais.
Ce qui se décidera dans les prochains mois tient moins à une programmation qu’à la capacité d’un quartier à s’approprier une salle de travail. Les trois matchs d’improvisation et le spectacle de fin d’année diront combien de Niçois auront poussé la porte du 2 rue Georges Ville, et si un lieu de formation peut tenir debout dans une ville qui vit surtout de ses festivals.
Le planning complet des ateliers et la grille tarifaire 2026-2027 se consultent sur le site officiel de la compagnie, qui gère également les inscriptions aux cours d’essai. Un atelier d’essai reste possible en cours d’année, sans engagement préalable.

