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- Une boucle de 1,5 km dans un plan d’eau abrité
- Le dimanche 6 septembre réglé heure par heure
- Une épreuve ouverte aux licenciés comme aux nageurs occasionnels
- Rejoindre le quai Laubeuf un dimanche matin de rentrée
- Septembre, le mois où la baie de Cannes bascule sur l’eau
- Ce que la traversée dit du rapport de Cannes à ses îles
Chaque début septembre, la baie de Cannes offre un spectacle que peu de visiteurs ont en tête au moment de réserver leur séjour : deux cents nageurs en bonnet de couleur qui traversent le bras de mer des îles de Lérins à la seule force des bras. La Traversée à la nage des îles de Lérins est une épreuve de natation en eau libre disputée sur une boucle d’environ 1,5 km entre Sainte-Marguerite et Saint-Honorat, les deux îles qui ferment la rade au sud du Vieux Port.
L’épreuve n’a rien d’une démonstration réservée aux spécialistes. Elle se court depuis plus d’un demi-siècle, elle accepte les licenciés comme les nageurs occasionnels, et elle repose sur une mécanique de navettes, d’horaires et de points de rendez-vous que la Ville de Cannes détaille chaque année. La 53e édition se tiendra le dimanche 6 septembre 2026. Une question se pose alors pour qui passe la première semaine de septembre sur la Côte : que faut-il avoir compris de son déroulé pour en profiter, en nageant ou en spectateur ?
Une boucle de 1,5 km dans un plan d’eau abrité
Le parcours tient en une phrase : une boucle d’environ 1,5 km tracée entre les deux îles de Lérins, avec un départ donné depuis la plage du Grand Jardin, côté Sainte-Marguerite. Le chenal qui sépare les deux terres est court et protégé des houles du large, ce qui explique qu’une épreuve ouverte à tous puisse s’y tenir sans exposer les moins aguerris.
La distance a pourtant son importance. Un kilomètre et demi en eau libre n’équivaut pas au même effort en bassin : il n’y a ni ligne d’eau, ni mur pour se reposer, ni repère visuel autre que les bouées et la silhouette des îles. Les nageurs relèvent la tête régulièrement pour vérifier leur cap, un geste qui coûte du temps et de l’énergie, et que la piscine n’apprend pas.
Cette configuration explique la place prise par l’épreuve dans le calendrier local. Elle rassemble près de 200 participants chaque année, selon la Ville de Cannes, un chiffre stable qui en fait l’un des rendez-vous d’eau libre les plus suivis du littoral azuréen sans jamais basculer dans l’événement de masse. Le déroulé de la journée, lui, est réglé au quart d’heure.
Le dimanche 6 septembre réglé heure par heure
La manifestation se joue sur une fenêtre courte, ouverte de 7 h à 14 h d’après la fiche publiée par l’office de tourisme de Cannes. Un retard n’y est pas rattrapable, puisque tout le monde embarque sur les mêmes bateaux pour rejoindre la ligne de départ.
- Enregistrement des participants sur le quai Laubeuf, entre 7 h 30 et 9 h ;
- première navette de la compagnie Trans Côte d’Azur vers les îles de Lérins à 9 h ;
- départ de l’épreuve à 11 h depuis la plage du Grand Jardin, sur l’île Sainte-Marguerite ;
- fin de la manifestation annoncée à 14 h, retours vers le continent compris.
Deux heures séparent la dernière navette du coup d’envoi. Ce délai n’a rien d’un temps mort : il absorbe le briefing, l’échauffement et l’acheminement des nageurs jusqu’à la plage de départ, qui ne se trouve pas au débarcadère.
Pour un spectateur, la lecture est différente. Voir la course de près suppose d’embarquer avec les concurrents, donc de se lever à la même heure qu’eux, sans quoi il ne reste que la vue lointaine depuis le continent.
Une épreuve ouverte aux licenciés comme aux nageurs occasionnels
Le règlement est volontairement large. L’épreuve est accessible à tous les nageurs, licenciés comme non licenciés, précise la Ville de Cannes, ce qui la distingue de nombreuses courses en eau libre du calendrier régional, souvent réservées aux détenteurs d’une licence fédérale. Cinquante-trois éditions plus tard, ce choix n’a pas bougé.
L’ouverture du plateau se lit dans sa composition. On y croise des nageurs de club venus chercher un chrono et des vacanciers qui découvrent l’eau libre, ce qui donne à la matinée une tonalité plus proche de la fête de quartier que de la compétition fermée. L’organisation revient à l’association des Amis de l’île Sainte-Marguerite, avec le soutien de la Mairie de Cannes.
Le littoral compte d’autres formats d’eau libre, à commencer par le triathlon longue distance de Nice, où la nage n’ouvre qu’un enchaînement de trois disciplines. La traversée cannoise reste une épreuve à un seul geste, ce qui la rend abordable pour un nageur régulier sans préparation spécifique.
Rejoindre le quai Laubeuf un dimanche matin de rentrée
Le point de bascule de la journée n’est pas dans l’eau, il est sur le quai. Le quai Laubeuf se situe à l’ouest du Vieux Port, au pied du Suquet, dans un secteur où les places de stationnement partent tôt dès que la saison des îles bat son plein. Arriver à 8 h 45 pour un enregistrement qui ferme à 9 h relève du pari.
La Ville de Cannes maintient jusqu’au 13 septembre 2026 deux navettes de bus gratuites, BoccaCabana et Moure Rouge, qui desservent les principaux secteurs balnéaires. Elles circulent encore le week-end de la traversée, ce qui évite d’immobiliser un véhicule aux abords immédiats du quai. La Navette Maritime Estérel, elle, s’arrête le 31 août et ne sera plus une option le 6 septembre.
Pour qui vient de Nice, d’Antibes ou de l’aéroport, l’équation change de nature. Un départ avant 7 h reste raisonnable si l’on veut absorber le trajet, la recherche d’une place et la marche jusqu’au point d’enregistrement, sachant qu’un dimanche de début septembre ramène aussi les retours de vacances sur l’A8.
Ce détail logistique conditionne tout le reste. Un nageur qui rate la navette de 9 h ne prend pas le départ, quel que soit son niveau, et un accompagnant qui la manque suivra la course depuis la Croisette, c’est-à-dire de très loin.
Septembre, le mois où la baie de Cannes bascule sur l’eau
La traversée ouvre une séquence nautique dense. Le plan d’eau enchaîne ensuite avec le rendez-vous des voiliers de tradition, du 19 au 26 septembre, puis avec les salons qui saturent le Vieux Port et le Port Canto. Septembre est la vraie haute saison maritime cannoise, loin devant les semaines de plein été.
Les îles ne se limitent pas à la journée du 6 septembre. La visite augmentée du Fort Royal a rouvert Sainte-Marguerite à un public qui n’y venait que pour la plage, et les navettes vers les îles fonctionnent toute l’année, en dehors de toute épreuve sportive.
Ce que la traversée dit du rapport de Cannes à ses îles
Une épreuve qui atteint sa 53e édition raconte autre chose qu’un résultat sportif. Elle rappelle que les îles de Lérins appartiennent au territoire cannois au même titre que la Croisette, alors que la ville se raconte surtout par ses tapis rouges et ses façades d’hôtels.
Le chenal entre Sainte-Marguerite et Saint-Honorat n’est ni un décor ni un parc de loisirs. Deux cents nageurs par an ne font pas une économie touristique, mais ils entretiennent un usage du plan d’eau que les rotations de navettes et les visites guidées ne suffisent pas à maintenir seules.
Les inscriptions et les modalités pratiques passent par l’association organisatrice, joignable au 06 61 43 48 88, et les informations à jour sont publiées sur le site des Amis des Îles. Le 6 septembre tombe dans une dizaine de jours, et la capacité des navettes du matin fixe, de fait, la taille du plateau.

