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Chaque rentrée, la Côte d’Azur troque peu à peu ses plages bondées pour une saison culturelle plus feutrée. À Antibes, ce basculement porte un nom depuis trente-cinq ans : le Festival d’Art sacré, qui investit du 11 septembre au 4 octobre 2026 la cathédrale et les chapelles de la vieille ville. Le principe tient en une phrase : faire entendre les plus belles pages de la musique sacrée et classique là où elles ont été pensées, entre pierres anciennes et lumière rasante. Huit concerts se répartissent sur près d’un mois, dans des édifices que la plupart des visiteurs longent sans jamais y entrer.
Le rendez-vous s’adresse autant aux mélomanes avertis qu’aux curieux de passage, et il coïncide avec le moment où la région respire de nouveau. Une question revient chez beaucoup de vacanciers qui prolongent leur séjour en septembre : qu’est-ce qui distingue vraiment ce festival d’un simple cycle de concerts classiques ?
Un anniversaire placé sous le signe du prestige
La trente-cinquième édition avance des arguments solides. Labellisée Côte d’Azur France Tourisme et placée sous le conseil artistique du flûtiste Philippe Depetris, la manifestation revendique une place à part parmi les festivals du genre en Europe. Elle est portée par une présidence d’honneur qui dit son ancrage local : Mgr Jean-Philippe Nault, évêque de Nice, Charles-Ange Ginésy, président du Département des Alpes-Maritimes, et Jean Leonetti, maire d’Antibes Juan-les-Pins.
La programmation mêle grands noms, ensembles spécialisés, création et transmission. La Maîtrise de Notre-Dame de Paris et le violoniste Renaud Capuçon figurent parmi les invités de cette année, aux côtés de l’Orchestre national de Cannes. Cet équilibre entre prestige et découverte résume assez bien l’esprit d’un festival qui refuse de se réduire à une succession de têtes d’affiche.
Huit concerts entre cathédrale et chapelles
Le calendrier se déploie sur quatre lieux emblématiques : la cathédrale Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception et les chapelles Saint-Bernardin, Saint-Jean et de la Garoupe. Voici quelques temps forts que les mélomanes ont intérêt à repérer dès maintenant :
- le 11 septembre à 20 h 45, la cathédrale ouvre le bal autour du Gloria de Vivaldi ;
- le 15 septembre à 19 h 30, la chapelle Saint-Bernardin accueille les cantates Venite, Exultemus de l’ensemble Concerto Soave ;
- le 18 septembre à 20 h 45, Renaud Capuçon retrouve Bach à la cathédrale, avec l’altiste Paul Zientara et le violoncelliste Krzysztof Michalski ;
- une création mondiale du flûtiste Philippe Depetris et l’Orchestre national de Cannes, dirigé par Julien Chauvin, complètent l’affiche ;
- le 4 octobre, les chœurs de la Maîtrise de Notre-Dame de Paris referment cette édition.
La présence de Renaud Capuçon le 18 septembre donne à l’édition une visibilité qui dépasse le cercle des habitués. Le violoniste, que l’on a pu applaudir cet été à Menton, prolonge ici un été azuréen particulièrement riche en musique classique.
Le reste du programme joue la carte de la diversité, entre voix italiennes, répertoire baroque et pièces contemporaines. Aucune soirée ne ressemble à la précédente, ce qui autorise à picorer selon ses goûts plutôt qu’à tout suivre.
Écouter autrement, dans des lieux qui comptent
La musique sacrée a été écrite pour des espaces où le son voyage, se prolonge et se transforme. Une cantate entendue dans une chapelle ne produit pas la même écoute que dans une grande salle : la pierre, la proximité du public et la mémoire du lieu deviennent des partenaires silencieux du concert. Ce lien entre l’œuvre et l’architecture constitue la vraie signature du festival antibois.
Son directeur artistique le formule d’ailleurs sans détour, en rappelant que l’événement reste ouvert à tous, croyants ou non.
c’est l’occasion de se retrouver avec soi-même, d’engager une réflexion sur l’humain et c’est essentiellement ce que nous prônons
Philippe Depetris, conseiller artistique du Festival d’Art sacré d’Antibes, au micro de RCF, le 22 juillet 2025
Cette approche explique pourquoi le festival attire un public plus large que les seuls amateurs de musique liturgique. La beauté d’un lieu et d’une œuvre se passe de convictions religieuses pour toucher.
Quand l’architecture devient un instrument
Chaque lieu impose sa manière de jouer. La chapelle Saint-Bernardin favorise l’intimité, la Garoupe ouvre un rapport au paysage et à la lumière, tandis que la cathédrale donne aux voix et aux cordes une profondeur qui appartient autant à l’acoustique qu’à l’imaginaire. Ces variations d’écrin d’un concert à l’autre font qu’un même répertoire ne s’entend jamais deux fois pareil.
L’anniversaire ne se limite pas aux concerts. Une exposition inédite du peintre Gérard Raymond-Pierre, sur le thème du chemin de croix, prend place dans la crypte de la chapelle Saint-Bernardin pour toute la durée de l’événement. Le regard complète ainsi l’oreille, dans un parcours qui relie les arts au même endroit.
Cette attention au patrimoine s’inscrit dans une saison plus vaste. Après un été antibois rythmé par les feux d’artifice de la baie, la ville bascule vers une offre plus intérieure, à l’image des rendez-vous classiques de l’été niçois. La Côte d’Azur ne s’éteint pas en septembre, elle change simplement de registre.
Réserver, se garer et arriver à l’heure
Sur le terrain, quelques réflexes évitent les mauvaises surprises. Les portes des églises ferment dès le début du concert et aucun retardataire n’est admis, ce qui change tout dans une ville où le stationnement du soir se mérite. Prévoir large sur les horaires reste la première précaution.
Le budget, lui, demeure raisonnable pour une programmation de cette tenue. Un tarif réduit à 16,20 € s’applique sur plusieurs soirées, sur présentation d’un justificatif ou pour les places à visibilité partielle, et un concert de chœurs entièrement gratuit est donné place Nationale. Côté stationnement, le parking du port Vauban propose un forfait soirée à 3,50 € pour cinq heures, de 19 h à 23 h 59, à quatre minutes à pied de la cathédrale. La réservation passe par l’Office de tourisme ou par la billetterie en ligne, et les meilleures places partent vite pour la soirée Capuçon.
Un patrimoine vivant à transmettre
Trente-cinq ans forment une histoire, pas un aboutissement. La vraie question posée par cet anniversaire est celle de la transmission : comment donner envie à de nouveaux publics d’entrer dans une cathédrale pour y écouter Vivaldi ou Bach, sans réduire ces œuvres à un décor patrimonial ? Le concert gratuit et l’exposition répondent en partie, en abaissant la barrière du billet et de l’habitude.
Pour qui séjourne sur la Riviera en septembre, l’occasion vaut le détour : peu de festivals offrent, à quelques kilomètres de Nice, une telle rencontre entre musique, pierre et lumière. Le programme complet et la billetterie sont détaillés sur le site officiel du festival, de quoi bâtir sa soirée avant que les chapelles ne se remplissent.

