Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Chaque mois de juin, la France ouvre grand ses chantiers de fouilles, ses musées et ses laboratoires à l’occasion des Journées européennes de l’archéologie. L’édition 2026 se déroule du 12 au 14 juin dans plus de 30 pays, sous la coordination de l’Inrap et du ministère de la Culture. À Nice, le rendez-vous prend une saveur particulière : la colline de Cimiez, ancienne capitale romaine de la province des Alpes Maritimae, se transforme le temps d’un week-end en terrain de découverte grandeur nature.
Le principe de la manifestation tient en une phrase : pendant trois jours, archéologues, anthropologues et médiateurs partagent gratuitement leurs savoir-faire avec le public, des ateliers de fouille aux visites commentées par les chercheurs eux-mêmes. La journée du vendredi 12 juin est réservée aux scolaires, le grand public prenant le relais samedi et dimanche. Que faut-il prévoir pour profiter pleinement de ce voyage dans le temps sur les hauteurs de Nice ?
Un village de l’archéologie gratuit au cœur de Cimiez
Le cœur de la manifestation bat au Musée d’Archéologie de Nice / Cimiez, au 160 avenue des Arènes. Le Village de l’archéologie y est ouvert samedi 13 et dimanche 14 juin de 10 h à 17 h, en accès libre et adapté aux personnes à mobilité réduite. Le thème national de cette édition, l’archéologie et l’âge du fer, sert de fil conducteur aux animations.
Le lieu n’a rien d’un décor choisi au hasard. Vous déambulez entre l’amphithéâtre, le quartier thermal et les vestiges de Cemenelum, la cité romaine où l’on se réunissait déjà pour des spectacles publics il y a près de 2 000 ans. Les ruines racontent la vie quotidienne d’une capitale provinciale, des bains chauds aux gradins.
Le musée lui-même, inauguré en janvier 1989, joue le jeu de l’événement : ses collections, nourries notamment par les fouilles menées sur place de 1950 à 1969 et par l’épave de la Fourmigue C découverte au large de Golfe-Juan, sont exceptionnellement accessibles gratuitement de 10 h à 18 h pendant toute la manifestation.
Treize ateliers pour fouiller, toucher, expérimenter
Le village réunit 13 ateliers et animations pensés pour les familles, la plupart accessibles dès 5 ou 6 ans, par sessions courtes de 20 à 45 minutes. Parmi les expériences les plus marquantes du week-end :
- l’archéo sous l’eau, une fouille reconstituée de l’épave Villefranche IV, par groupes de six enfants toutes les 45 minutes ;
- de la pierre à l’étincelle, pour produire du feu comme à la Préhistoire, avec des démonstrations à 10 h 30 et 15 h ;
- la fouille d’une inhumation aux côtés d’anthropologues, par petits groupes toutes les demi-heures ;
- la céramologie, où l’on reconstitue et identifie des poteries antiques ;
- l’archéobotanique et l’archéozoologie, sur les traces des plantes, des animaux et des poissons du passé.
Les plus jeunes peuvent aussi se glisser dans la peau d’un Romain en créant leur céramique, ou comparer les crânes de l’évolution humaine en découvrant les grands sites préhistoriques de la région, de la grotte du Vallonnet au Lazaret. Une maquette pédagogique répond à la question que tout le monde finit par poser : pourquoi fouiller ?
Visites guidées et conférence avec les archéologues
Au-delà du village, neuf rendez-vous ponctuent le week-end, menés par les médiateurs du musée et les archéologues de la Métropole Nice Côte d’Azur. L’archéo-balade de 10 h 30, programmée samedi comme dimanche, parcourt l’amphithéâtre, le quartier thermal et le groupe épiscopal, sans réservation et dans la limite des places disponibles.
Dans le Vieux-Nice, la crypte archéologique de la place Toja se visite à 14 h et 17 h en compagnie d’un archéologue ayant participé aux fouilles, sur réservation cette fois. Les passionnés peuvent conclure leur samedi avec la conférence sur l’âge du Fer dans les Alpes-Maritimes, donnée à 17 h par le Service d’Archéologie Nice Côte d’Azur, en salle de médiation du musée.
L’âge du fer, fil rouge d’un rendez-vous européen
Créées en 2010 par l’Inrap sous l’impulsion du ministère de la Culture, les Journées européennes de l’archéologie ont largement débordé les frontières françaises et mobilisent aujourd’hui des milliers de lieux dans une trentaine de pays. D’après l’Inrap, la manifestation vise autant à montrer les découvertes qu’à faire comprendre des métiers en pleine évolution, des interventions subaquatiques à l’archéologie biomoléculaire.
L’archéologie préventive se doit d’accompagner et de questionner les enjeux contemporains : dynamiques de peuplement, gestion des ressources, changement climatique, construction des territoires, convivence…
Dominique Garcia, président de l’Inrap, lors du renouvellement de son mandat, janvier 2024
Cette ambition se lit dans le choix du thème niçois : l’âge du fer, période charnière du premier millénaire avant notre ère, a façonné les premières agglomérations fortifiées des Alpes-Maritimes bien avant l’arrivée des Romains. La conférence du samedi en présentera les traces locales, souvent méconnues des visiteurs comme des Niçois.
Organiser votre venue sur la colline de Cimiez
L’accès au site mérite d’être anticipé. Le musée est desservi par les lignes de bus 5, 18 et 33, arrêt Arènes / Musée Matisse, mais le stationnement reste limité sur la colline aux heures d’affluence du week-end. Une dépose directe en voiture avec chauffeur évite la recherche de place et permet d’arriver dès l’ouverture, quand les ateliers en petits groupes affichent encore des disponibilités.
La sortie se prête à une journée complète sur place : les jardins des Arènes, le monastère de Cimiez et le musée Matisse entourent le site, tandis que l’exposition événement consacrée à Chagall se tient à quelques centaines de mètres, sur la même colline. Vous pouvez ainsi alterner vestiges antiques, oliviers centenaires et chefs-d’œuvre modernes sans reprendre la voiture.
Les amateurs de spectacle vivant retiendront une coïncidence heureuse de calendrier : le festival de théâtre des Arènes débute le 16 juin, deux jours après la clôture des Journées, dans ce même écrin antique. Une bonne raison de repérer les lieux dès ce week-end.
Un patrimoine qui se découvre toute l’année
Ces journées rappellent que Nice ne se résume pas à la Promenade des Anglais. La ville conserve à Terra Amata l’un des plus anciens sites d’habitat d’Europe, occupé il y a environ 400 000 ans, et des collections antiques que les musées font vivre au fil des saisons. L’expérience immersive dédiée aux Vikings prolonge d’ailleurs cette curiosité pour l’histoire sous une forme plus spectaculaire, en plein centre-ville.
Le programme complet du week-end, avec horaires et modalités de réservation, est détaillé sur le site de la Ville de Nice. Entre une démonstration de feu préhistorique et une balade dans les thermes romains, une vocation d’archéologue pourrait bien se dessiner dimanche soir chez les plus jeunes visiteurs.

