Festival de Ramatuelle 2026 : Manu Payet, Jeanne Cherhal et Bénabar sous les chênes-lièges du 1er au 12 août

Amphithéâtre de plein air entouré de chênes-lièges et de vignes au crépuscule, gradins vides face à une scène éclairée.
Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Chaque été, la presqu’île de Saint-Tropez délaisse un instant ses plages pour les gradins d’un théâtre à ciel ouvert. Perché au-dessus des vignes, l’amphithéâtre de verdure de Ramatuelle accueille l’un des rendez-vous culturels les plus courus de l’été provençal, où le théâtre, l’humour et la chanson se donnent la réplique sous les étoiles.

Le Festival de Ramatuelle repose sur un principe simple : réunir des spectacles à la fois populaires et exigeants dans un écrin naturel bordé de chênes-lièges. Créée en 1985, la manifestation s’est imposée comme un temps fort de la saison culturelle azuréenne, à mi-chemin entre la scène parisienne et la douceur méditerranéenne.

Cette année, la 41e édition se tient du 1er au 12 août, avec une affiche qui mêle grands noms de l’humour, pièces de répertoire et concerts. Reste une question pour qui séjourne sur la Côte d’Azur : qu’est-ce qui justifie de faire la route jusqu’à la presqu’île tropézienne pour une soirée de festival ?

Un rendez-vous né en 1985 au cœur des vignes

L’histoire commence en 1985, à l’initiative de Jacqueline Franjou et du comédien Jean-Claude Brialy, en hommage à l’acteur Gérard Philipe qui repose dans le cimetière du village. Pendant plus de vingt ans, Brialy a façonné l’esprit convivial et éclectique de la manifestation, avant que sa disparition, en 2007, ne rebatte les cartes.

Depuis août 2007, c’est Michel Boujenah qui assure la direction artistique et perpétue cette signature. L’humoriste et metteur en scène revendique un mélange assumé de rire, d’émotion et de musique, fidèle à la ligne tracée par son prédécesseur.

Le décor, lui, n’a pas changé : un amphithéâtre de plein air taillé dans la colline, cerné de chênes-lièges et de pins, où les représentations débutent à 21h30, une fois la chaleur retombée. L’acoustique naturelle et le ciel étoilé font partie du spectacle et expliquent en grande partie l’attachement du public à ce lieu singulier.

Le programme soir par soir

Douze soirées se succèdent sans temps mort, chacune portée par un spectacle différent. Le programme 2026, dévoilé au printemps par l’organisation, alterne one-man-shows, pièces de théâtre et concerts pour composer une affiche volontairement contrastée.

  • 1er août : Manu Payet présente Emmanuel 2 ;
  • 2 août : Le Bourgeois gentilhomme, d’après Molière ;
  • 3 août : Toute la famille que j’aime ;
  • 4 août : Dolores ;
  • 5 août : La Joconde parle enfin ;
  • 6 août : Une heure à t’attendre ;
  • 7 août : Je m’appelle Georges… et vous ? ;
  • 8 août : Jeanne Cherhal en concert ;
  • 9 août : Camille Chamoux joue Ça va, ça va ;
  • 10 août : Dans le couloir ;
  • 11 août : Douze hommes en colère ;
  • 12 août : Bénabar en concert.

La programmation fait la part belle aux têtes d’affiche du théâtre et de l’humour français, de Manu Payet à Camille Chamoux, tout en réservant deux soirées musicales à Jeanne Cherhal et Bénabar. Le grand public y retrouve des visages familiers du petit écran comme des scènes parisiennes.

Les amateurs de répertoire ne sont pas oubliés, avec des pièces de facture classique montées spécialement pour l’occasion. Cette pluralité des genres, du drame à la comédie, fait écho à l’effervescence scénique de tout un littoral en plein mois d’août, où le rire trouve aussi sa place sur les scènes de stand-up en plein air de la région.

Du rire aux grands concerts, une affiche à géométrie variable

Réunir sous le même ciel un one-man-show et un drame judiciaire relève d’un pari d’équilibriste. La force du festival tient à cette capacité à faire cohabiter registres légers et pièces graves, sans hiérarchie apparente entre les soirées.

Côté humour, Manu Payet ouvre le bal le 1er août avec Emmanuel 2, tandis que Camille Chamoux défend son seule-en-scène Ça va, ça va. Le comédien Jean-Paul Rouve figure lui aussi parmi les artistes attendus de cette cuvée estivale, aux côtés de Michel Boujenah, présent sur les planches dans Le Bourgeois gentilhomme autant qu’à la direction.

La musique referme chaque semaine en apothéose. Jeanne Cherhal investit la scène le 8 août, avant que Bénabar ne clôture l’édition le 12 août avec un concert de chansons devenues des standards pour tout un public. Deux respirations mélodiques au milieu d’un marathon théâtral.

Il se passe quelque chose de magique au Festival de Ramatuelle

Michel Boujenah, directeur artistique du Festival de Ramatuelle, au micro de France Bleu

Cette magie revendiquée ne tient pas qu’aux têtes d’affiche. Elle repose aussi sur tout ce qui gravite autour des représentations et qui prolonge l’expérience bien au-delà du seul spectacle du soir.

Cinéma en plein air et rencontres d’auteurs autour du festival

Le festival ne se réduit pas à ses douze soirées phares. Plusieurs rendez-vous satellites étoffent la programmation et donnent à la manifestation l’allure d’un véritable rendez-vous de village, étalé sur près de trois semaines, du 24 juillet au 12 août.

Les Toiles de Ramatuelle proposent des séances de cinéma en plein air du 24 au 26 juillet, quand Les Plumes de Ramatuelle réunissent des auteurs en dédicace les 2 et 6 août. Le volet Nuits Classiques complète l’ensemble en misant sur la musique classique jouée à la belle étoile, dans le sillage des grands concerts symphoniques de l’été azuréen.

Depuis Nice et la Côte d’Azur, une soirée à anticiper

Rejoindre Ramatuelle depuis les Alpes-Maritimes demande un minimum d’organisation. La presqu’île de Saint-Tropez se situe à un peu moins de deux heures de route de Nice, via l’autoroute A8 puis les départementales qui serpentent jusqu’au golfe.

Le lever de rideau à 21h30 change la donne pour les spectateurs venus du littoral azuréen. Une fois la représentation terminée, il faut reprendre la route de nuit au terme d’une journée déjà bien remplie, ce qui pèse dans le choix du mode de transport pour la soirée. Le stationnement, rare et éloigné les soirs de spectacle, ajoute à la contrainte.

Le public l’a bien compris, lui qui vient parfois de toute la région pour ces représentations estivales. Prévoir en amont son trajet, son horaire de retour et un point de dépose au plus près de l’amphithéâtre reste la clé d’une soirée réussie sans mauvaise surprise.

Douze nuits pour renouer avec le spectacle vivant

Au-delà de son affiche, le Festival de Ramatuelle dit quelque chose de l’été méditerranéen : l’envie de retrouver le spectacle vivant, loin des écrans, dans un rapport direct entre la scène et le public. Douze nuits seulement, chaque année, pour faire vivre cette parenthèse.

Cette forme de théâtre à ciel ouvert n’est pas un cas isolé sur la Côte d’Azur, où l’on croise aussi le théâtre joué en plein air à Nice durant la belle saison. Ramatuelle en reste l’une des vitrines les plus prisées, portée par quatre décennies de fidélité du public et une exigence artistique constante.

À l’heure où les places s’écoulent pour les soirées les plus courues, la vraie question n’est plus de savoir s’il faut y aller, mais quel spectacle choisir parmi les douze. Le programme complet et la billetterie sont détaillés sur le site officiel du festival, à quelques semaines du lever de rideau.


Vous aimez cet article ? Partagez !