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- Un club de jazz à ciel ouvert au-dessus des bateaux
- Cinq soirées encore à prendre d’ici au 20 août
- Le vrai prix d’entrée, c’est l’heure d’arrivée
- Une exposition de céramique en préambule, et une gratuité assumée
- Rejoindre le port Lympia sans gâcher la soirée
- Le jazz niçois joue sur plusieurs terrains cet été
Il existe à Nice un endroit où l’on écoute du jazz assis à quelques mètres au-dessus des mâts, face à la sortie du port, sans avoir sorti un centime. Ce lieu, c’est le toit-terrasse de l’Espace culturel départemental Lympia, et ce rendez-vous s’appelle Jazz Art Lympia. Chaque jeudi soir, du 16 juillet au 20 août 2026, le Département des Alpes-Maritimes y programme six concerts entièrement gratuits, dans la limite des places disponibles.
Le principe tient en peu de mots : une terrasse en hauteur, un quartet, un coucher de soleil sur la rade, et personne à la caisse. Sur une Côte d’Azur où la moindre soirée musicale se monnaie volontiers, ce genre de proposition mérite qu’on s’y arrête. Encore faut-il savoir ce qui vous attend là-haut, et surtout comment y arriver au bon moment.
Un club de jazz à ciel ouvert au-dessus des bateaux
L’Espace culturel départemental Lympia occupe l’ancienne maison des consignes du port de Nice, sur le quai Entrecasteaux. Le Département en a fait un lieu d’exposition, et son toit-terrasse sert de scène estivale depuis huit ans. Selon Nice Premium, l’édition 2026 est la huitième du festival, qui s’est installé dans le paysage sans jamais changer de formule.
Le décor fait une partie du travail. Le site officiel du Département décrit un toit-terrasse qui se métamorphose en véritable club de jazz à ciel ouvert, dans un cadre exceptionnel face au port de Nice et à ses couchers de soleil. Les concerts démarrent à 20 heures, quand la lumière commence à basculer sur les façades ocre du quai. La programmation reste volontairement resserrée : un groupe par soirée, pas de scènes multiples, pas de course entre deux plateaux.
Cette sobriété a une conséquence directe. Là où un grand festival vous demande de choisir, Jazz Art Lympia vous demande simplement d’être là. Reste à savoir qui joue, et quand.
Cinq soirées encore à prendre d’ici au 20 août
La première soirée, le 16 juillet, est passée : le quartet réuni autour de la chanteuse Cathy Heiting et du guitariste Lois Coeurdeuil a ouvert l’édition. Il reste cinq jeudis à cocher, et chacun explore un territoire différent.
- 23 juillet, Glam’Jazz : un quartet mené par Sandrine Destefanis au chant, qui traverse le genre du charleston des années 1920 au swing des années 1930, avec un détour par la bossa nova ;
- 30 juillet, Luz Do Samba : samba, bossa nova et musique populaire brésilienne, avec un répertoire nourri de Djavan, Ivan Lins et João Donato ;
- 6 août, Jazz on the Top’s : des standards et des relectures pop, avec en invité le trompettiste Nicolas Folmer, cofondateur du Paris Jazz Big Band ;
- 13 août, Babel Swing Quartet : formation née en 2025 autour du violon tzigane de Liviu Muzsikus et du chant de Marine Caron, en plusieurs langues ;
- 20 août, Italian Spirit Trio : trompette, piano et percussions pour relire la chanson italienne contemporaine, un trio formé en 2021.
D’après Nice Premium, le fil conducteur de cette édition passe du swing à la bossa nova, de la soul aux mélodies italiennes. Autrement dit, aucune de ces cinq soirées ne ressemble vraiment à la précédente, ce qui autorise à revenir sans avoir l’impression de se répéter.
La contrepartie de cette générosité, c’est qu’elle attire du monde. Et sur un toit, la place n’est pas extensible.
Le vrai prix d’entrée, c’est l’heure d’arrivée
Les portes ouvrent à 19 heures, une heure avant le premier morceau. Ce créneau n’est pas décoratif : l’accès est libre dans la limite des places disponibles, sans billet ni réservation. Un jeudi d’août, sur une terrasse dominant le port, la logique est simple à comprendre.
Le Département prévient également que la programmation reste susceptible de modifications selon la météo. Un toit-terrasse ne se replie pas sous un chapiteau. Cette heure de battement entre 19 et 20 heures est donc le moment utile de la soirée : celui où l’on choisit sa place, où l’on souffle, et où l’on peut faire autre chose que patienter.
Une exposition de céramique en préambule, et une gratuité assumée
Les concerts s’inscrivent dans les nocturnes d’une exposition. L’Espace culturel Lympia présente le travail de Lilette et Gilbert Valentin sous le titre « Quand la terre devient lumière », et reste ouvert jusqu’à 21 heures les jeudis soir. Vous pouvez donc traverser les salles avant le concert, ou entre deux morceaux, sans payer davantage.
Cette gratuité n’est pas un geste isolé. Jazz Art Lympia appartient à un ensemble départemental qui comprend aussi la grande tournée culturelle de l’été, avec près de 500 spectacles gratuits répartis dans 158 communes des Alpes-Maritimes. Le Département revendique cette ligne depuis trente ans.
Une politique culturelle exigeante, ouverte et accessible à tous. C’est un héritage dont je suis fier ! Merci à Alain Frère dont la passion a bâti ces moments de partage.
Charles Ange Ginésy, président du Département des Alpes-Maritimes, communiqué de lancement des événements culturels de l’été, 23 juin 2025
Pour un visiteur qui découvre la région, ce maillage change la donne : il devient possible de remplir une semaine de soirées sans acheter un seul billet. À condition, là encore, de pouvoir se déplacer.
Rejoindre le port Lympia sans gâcher la soirée
Le quartier du port n’est pas le centre. Depuis la Promenade des Anglais ou le Vieux-Nice, la marche reste faisable, mais elle grimpe et elle rallonge dès qu’on vient de plus loin. La ligne 2 du tramway dessert directement la station Port Lympia, ce qui règle la question à l’aller pour qui loge sur l’axe Jean Médecin ou du côté de l’aéroport.
Le retour demande un peu plus d’attention. Le site officiel du Nice Jazz Fest, qui documente les mêmes lignes pour ses propres soirées de juillet, indique un dernier départ de Jean Médecin vers Port Lympia à 0 h 20 le jeudi. Le tram existe donc tard, mais la marge se réduit à mesure que la soirée s’étire sur la terrasse.
Le stationnement, lui, obéit aux règles habituelles d’un port en été : les places du quai partent tôt, et les parkings du centre imposent une marche de retour dans des rues qui montent. Venir en voiture pour un concert qui commence à 20 heures un jeudi d’août relève souvent du pari.
C’est précisément le genre de soirée où la logistique décide de l’ambiance. Arriver détendu à 19 heures et repartir sans surveiller l’horloge change la nature de ce que vous venez chercher : un coucher de soleil, pas un créneau de stationnement.
Le jazz niçois joue sur plusieurs terrains cet été
Jazz Art Lympia n’est pas seul sur ce créneau. Nice accueille du 23 au 25 juillet le grand rendez-vous payant de la place Masséna, avec dix-huit concerts sur trois soirées et des billets de 45 à 90 €. Dans le même temps, les fanfares qui déambulent dans les rues du centre jouent la partition inverse, et la Pinède Gould de Juan-les-Pins vient de refermer sa 65e édition.
Cette abondance dit quelque chose de la place du jazz sur le littoral, mais elle pose aussi une question de fond : que reste-t-il quand les têtes d’affiche repartent ? Les cinq jeudis de Lympia apportent une réponse discrète. Ils font vivre des formations régionales devant un public qui n’a pas payé pour les voir, et qui les découvre parce que la terrasse était ouverte.
Le 20 août, le trio italien refermera l’édition et le toit redeviendra un toit. D’ici là, cinq occasions restent posées sur le calendrier, gratuites, à quelques mètres de l’eau, un soir par semaine. Le port de Nice n’offre pas si souvent une raison d’y monter à 19 heures.

