Les Jeudis du Suquet prolongés : quatre soirées de plus dans le vieux Cannes en septembre

Fanfare de cuivres jouant dans une ruelle pavée en pente, sous des guirlandes lumineuses, entre des terrasses pleines
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Chaque jeudi de l’été, la rue du Pré a changé de visage à la tombée du jour. Fanions tendus au-dessus des façades, guirlandes lumineuses, fanfares et terrasses pleines : les Jeudis du Suquet, rendez-vous musical gratuit lancé le 2 juillet par la Ville de Cannes, ont installé une routine festive dans le plus ancien quartier de la ville. Le principe tient en une ligne, une soirée hebdomadaire en accès libre de 18 h à 22 h, portée par les restaurateurs de la rue avec le soutien de la mairie.

La série devait s’arrêter avec le mois d’août. Elle se poursuivra finalement en septembre : la Ville a annoncé le 27 août la prolongation du rendez-vous jusqu’à la fin du mois, avec quatre dates supplémentaires. Sur une Côte d’Azur où l’animation gratuite s’évapore souvent dès la première semaine de septembre, la décision vaut le détour. Qu’est-ce qui a convaincu Cannes de rallonger une première édition présentée comme expérimentale ?

Quatre jeudis de plus au calendrier cannois

La prolongation ne bouge ni le lieu ni les horaires. On reste rue du Pré, de 18 h à 22 h, et l’accès demeure gratuit, sans billet ni réservation préalable. Seules quatre dates viennent allonger la saison, telles que les publie l’agenda officiel de la Ville.

  • jeudi 3 septembre 2026 ;
  • jeudi 10 septembre 2026 ;
  • jeudi 17 septembre 2026 ;
  • jeudi 24 septembre 2026.

Le total grimpe à treize soirées pour cette première édition, contre neuf annoncées au départ. La fiche agenda affiche désormais un événement courant du 2 juillet au 24 septembre, avec un numéro de renseignements, le 04 97 06 40 77, tenu par la direction de l’événementiel de la mairie. Reste à savoir ce qui a poussé la Ville à rallonger.

Un bilan estival qui a décidé la mairie

Le chiffre avancé par la Ville de Cannes est net : plus de 1 800 visiteurs chaque semaine dans la rue du Pré. Rapporté aux neuf jeudis de l’été, cela donne de l’ordre de 16 000 passages cumulés sur une seule rue du centre ancien, concentrés sur quatre heures à chaque fois.

Ce résultat n’allait pas de soi. Le Suquet vit surtout de ses restaurants et de la promenade de fin de journée, et le jeudi n’a jamais été le soir le plus chargé de la semaine dans un centre ancien. En installant un rendez-vous fixe, la municipalité a donné une raison de monter la côte un soir où l’on serait resté sur la Croisette.

La régularité a fait le reste. Un visiteur en séjour d’une semaine tombait forcément sur une date, et les habitants ont fini par prendre l’habitude. Le format s’est révélé plus solide qu’un événement unique, ce qui explique sans doute le choix de le tirer jusqu’à l’automne plutôt que de le refermer sur un bilan flatteur.

Ce qui vous attend rue du Pré

La programmation artistique reste confiée à Mozart, connu sur la Côte d’Azur pour organiser le Bal des Fous. Depuis le 2 juillet, orchestres, fanfares, groupes de rock, formations de variété et de guinguette se succèdent d’une semaine à l’autre, avec des DJ pour tenir la fin de soirée. La première date était revenue à la Fanfare de l’Espérance de Cannes, d’après Art Côte d’Azur, qui cite ensuite les groupes Croisette Records Live et Highwood Live.

Côté table, les restaurateurs de la rue jouent le jeu avec des plateaux apéritifs à tarifs préférentiels pendant les soirées. C’est là que le format prend tout son sens pour un visiteur : le dîner et le concert se règlent dans la même rue, sans réserver deux adresses ni reprendre la voiture entre les deux.

Monter au Suquet sans y laisser sa soirée

Le Suquet se mérite. Perché sur le Mont Chevalier, le quartier s’atteint par des ruelles pentues et des escaliers, et la rue du Pré se tient à mi-pente, à quelques minutes du Vieux Port. Le stationnement y devient le point noir des soirs d’affluence, comme dans tous les centres anciens du littoral azuréen.

Un détail à connaître avant de partir : pendant les soirées, les arrêts Palm Bus « Rue du Pré » et « Rue des Suisses » ne sont pas desservis, afin de sécuriser la circulation des piétons. Mieux vaut viser les arrêts situés en contrebas, du côté du Vieux Port ou de l’hôtel de ville, et terminer les deux cents derniers mètres à pied.

Pour les visiteurs logés à Antibes, à Juan-les-Pins ou du côté de Mandelieu, la question du retour pèse autant que celle de l’aller. Une soirée qui s’achève à 22 h laisse largement le temps de rentrer, mais la sortie du Suquet un jeudi d’affluence n’a rien d’immédiat. Fixer à l’avance un point de récupération en contrebas, sur le quai Saint-Pierre ou près de la mairie, épargne vingt minutes de manœuvres dans des rues étroites.

Les familles avec poussette gagneront à monter par les rues plutôt que par les escaliers du Mont Chevalier, quitte à rallonger de cinq minutes. La rue du Pré, elle, se parcourt de plain-pied une fois qu’on y est, et la soirée se tient entièrement en plein air, sans jauge ni contrôle à l’entrée.

Septembre, le mois où la Côte d’Azur respire

La prolongation tombe dans un mois qui, pour beaucoup de visiteurs, vaut mieux que le plein été. L’eau reste chaude, les plages se vident, et Cannes enchaîne les rendez-vous sans la cohue du 15 août. Le programme des semaines qui viennent est fourni : les régates de voiliers classiques du 19 au 26 septembre, puis l’ouverture de la saison théâtrale le 25.

Les expositions de l’été tiennent aussi jusqu’à l’automne, à commencer par la rétrospective consacrée à Hervé Di Rosa à La Malmaison, visible jusqu’au 8 novembre. Un jeudi de septembre à Cannes se construit donc facilement en deux temps, musée en fin d’après-midi puis rue du Pré à 18 h, sans jamais avoir à reprendre la voiture entre les deux.

Ce que dit la prolongation d’un rendez-vous de quartier

Prolonger une animation municipale de quatre semaines n’a rien d’anodin dans une ville qui vit d’événements internationaux. Cannes accueille chaque année des rendez-vous qui remplissent les hôtels sans toujours faire vivre les quartiers, et le Suquet ne figurait pas sur la carte des soirées hors saison des grands festivals.

La vraie question que pose septembre est celle de la suite. Une première édition expérimentale qui tient treize soirées finit par installer une habitude, chez les riverains comme chez les restaurateurs qui ont adapté leur service du jeudi. Ce que la Ville décidera pour 2027 se jouera sans doute sur ces quatre dates d’arrière-saison, quand le public de passage aura laissé la place aux Cannois.

Le calendrier, les horaires et les conditions d’accès sont détaillés sur le site de la Ville de Cannes. Le dernier jeudi tombe le 24 septembre : c’est cette date qui dira si l’arrière-saison tient ses promesses au Suquet.


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