Libération de Nice : le convoi du 82e anniversaire traverse la ville ce 28 août

Quatre véhicules militaires américains alignés sur une place pavée bordée de palmiers, devant un miroir d'eau
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Chaque 28 août, Nice ressort ses véhicules américains de la Seconde Guerre mondiale pour rejouer la journée où la ville a basculé du côté des vainqueurs. La commémoration de la Libération de Nice n’a rien d’une cérémonie confidentielle : c’est un convoi militaire qui traverse la ville d’ouest en est, du marché d’intérêt national jusqu’au monument aux Morts de Rauba Capeù, avec une longue halte publique place Masséna. Le 82e anniversaire tombe cette année un vendredi de fin de saison.

La Ville annonce une journée qui court de 8 h 30 à 19 heures, en accès libre et gratuit, sans billetterie ni réservation. Pour qui séjourne sur la Côte d’Azur à ce moment-là, la date se lit à deux niveaux : un épisode d’histoire locale que peu de villes françaises peuvent raconter dans les mêmes termes, et une matinée où plusieurs axes majeurs du centre sont occupés par un cortège lent. Comment suivre le convoi du 28 août sans passer la journée coincé derrière lui ?

Le parcours du convoi, du MIN au monument aux Morts

Le déroulé publié par la Ville de Nice tient en sept étapes, du rassemblement matinal à la cérémonie du soir. Il vaut la peine d’être lu dans le détail, parce que chaque horaire correspond à une portion de voirie occupée par le passage des véhicules.

  • 8 h 30 : arrivée des véhicules au MIN, dans la plaine du Var ;
  • 10 heures : départ du convoi vers la promenade des Anglais, le boulevard Gambetta puis l’avenue Thiers ;
  • 10 h 45 : stationnement du char sur la chaussée nord, au 91 quai des États-Unis ;
  • 11 heures : descente de l’avenue Jean Médecin vers la place Masséna ;
  • 12 heures : exposition des véhicules place Masséna, côté miroir d’eau ;
  • 16 heures : départ de la place Masséna en direction du monument aux Morts ;
  • de 18 à 19 heures : cérémonie commémorative du 82e anniversaire au monument aux Morts.

Le créneau le plus confortable pour regarder les engins de près reste l’exposition statique de la place Masséna, ouverte quatre heures durant. Le cortège en mouvement, lui, s’attrape au vol sur trois points nets : la promenade des Anglais vers 10 heures, le quai des États-Unis vers 10 h 45, l’avenue Jean Médecin vers 11 heures.

Ce qui s’est joué dans les rues niçoises le 28 août 1944

L’insurrection niçoise démarre à 6 heures du matin, sur une décision prise la veille au 20, boulevard de Cessole, par le Comité insurrectionnel. La Résistance locale s’empare des points stratégiques et oblige la Wehrmacht à refluer vers l’Italie en sabordant le port. Les combats de rue occupent la journée entière.

Le bilan est lourd pour une ville de cette taille : 35 Niçois tombent et 280 sont blessés avant que Nice ne soit libre, le 29 août 1944. La population vivait alors sous un régime de pénurie sévère, avec des rations de pain limitées à 100 grammes par jour depuis le 14 août, et sous la menace directe de la Gestapo.

La répression avait frappé bien avant l’insurrection. Le 7 juillet 1944, deux résistants, Séraphin Torrin et Ange Grassi, sont pendus avenue de la Victoire, l’actuelle avenue Jean Médecin où descend le convoi. Le tracé du cortège n’a donc rien d’arbitraire : il suit une géographie de la mémoire, plaque après plaque.

Une libération arrachée sans que les Alliés franchissent le Var

Le débarquement de Provence, l’opération Anvil-Dragoon, s’ouvre le 15 août 1944 sur les plages varoises. L’objectif allié est de prendre Marseille et Toulon, si bien que l’offensive devait s’arrêter au fleuve Var et que Nice ne figurait pas au programme. Le même jour, la Gestapo exécutait 21 résistants dans le quartier de l’Ariane.

Le 16 août, le capitaine Jacques Lécuyer, alias Sapin, chef des FFI locales, va convaincre le général américain Robert Frederick que l’arrière-pays est prêt à se soulever. Son supérieur, le général Patch, autorise alors une avancée exceptionnelle vers l’est sans franchir le Var. Les troupes libèrent Levens le 27 août et atteignent Saint-Laurent-du-Var le soir même, pendant que Nice attend sur l’autre rive.

Nice libérée, Nice fière, Nice glorieuse ! Nice n’a jamais renoncé à elle-même, ni renoncé à la France.

Charles de Gaulle, à Nice le 9 avril 1945

Les rendez-vous de la journée en dehors du convoi

Le défilé motorisé n’est qu’une des séquences du 28 août. Un circuit de la mémoire part à 8 heures du 2, boulevard de Cessole et fleurit les plaques des résistants morts pour la ville, jusqu’à une arrivée annoncée à 14 h 15 devant l’Hôtel de Ville. La marche traverse plusieurs quartiers à pied, ce qui la rend accessible en cours de route.

L’après-midi enchaîne les hommages. À 16 heures, la plaque commémorative de la mairie est fleurie ; à 18 heures, la grande cérémonie mémorielle se tient au monument aux Morts de Rauba Capeù, taillé dans la roche au pied de la colline du Château. Deux rassemblements suivent en soirée, l’un à 18 h 30 devant la stèle du croisement Gambetta-Cessole, l’autre à 19 h 30 au jardin Thiole.

Nice entretient ce genre de rendez-vous toute l’année, et l’hommage rendu à Catherine Ségurane à la mi-août en donne un autre exemple. La journée du 28 août reste la plus visible dans l’espace public, parce qu’elle mobilise la voirie, les institutions et le tissu associatif en même temps.

Circuler et se garer à Nice pendant le convoi

Le tracé du 28 août concentre les difficultés sur une bande étroite du centre. Entre 10 heures et midi, le convoi occupe successivement la promenade des Anglais, le boulevard Gambetta, l’avenue Thiers, le quai des États-Unis puis l’avenue Jean Médecin : les grands axes d’entrée du centre-ville sont concernés en moins de deux heures.

Un conducteur qui arrive de l’aéroport ou de la plaine du Var gagne à basculer très tôt sur les boulevards nord plutôt qu’à longer le bord de mer. Ceux qui rejoignent Nice par l’est passeront par le port et le boulevard Carnot sans croiser le cortège, au moins jusqu’à 16 heures.

Le stationnement de surface autour de la place Masséna devient inutilisable pendant l’exposition des véhicules, de midi à 16 heures. Les parkings souterrains du centre restent la solution la plus fiable, quitte à finir le trajet à pied : le secteur du miroir d’eau se rejoint sans voiture depuis presque tout le centre. Les visiteurs habitués aux scènes installées place Masséna en juillet y retrouveront la même mécanique de flux piéton.

Les transports en commun offrent un repère utile, la ligne 1 du tramway suivant précisément l’avenue Jean Médecin et la place Masséna. Après les perturbations du réseau à la mi-août, la prudence consiste à vérifier les horaires la veille au soir. Un trajet calé à l’avance évite deux heures perdues sur une journée de visite.

Ce que la date du 28 août dit encore de la ville

Nice s’est libérée elle-même, puis a servi de zone de repos aux troupes américaines. La ville devient en 1945 l’United States Riviera Rest Area et accueille 15 000 permissionnaires par semaine dans ses hôtels. Cette bascule de la guerre vers le tourisme est restée dans l’ADN de la Côte d’Azur, et elle explique en partie pourquoi les jeeps du 28 août n’ont rien d’incongru sur la Promenade.

À quatre jours d’intervalle, la même page d’histoire se rejoue pourtant très différemment d’une ville à l’autre : le défilé cannois du 24 août célèbre une libération apportée par les Alliés, quand Nice commémore un soulèvement mené par ses propres habitants. Deux récits voisins qui ne racontent pas la même chose, et dont le programme détaillé se consulte sur le site de la Ville de Nice.


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