Monaco et l’automobile au Grimaldi Forum : 130 ans de bolides mythiques exposés tout l’été

Voiture de course ancienne et automobile de collection exposées dans un hall de musée lumineux
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À une vingtaine de kilomètres de Nice, la Principauté de Monaco transforme chaque été son centre culturel en galerie d’exception. Du 1er juillet au 6 septembre 2026, le Grimaldi Forum consacre sa grande exposition estivale à l’automobile, avec un intitulé qui pose d’emblée l’ambition : Monaco et l’automobile, de 1893 à nos jours.

L’exposition rassemble une cinquantaine de véhicules sur 3 500 m² et retrace plus d’un siècle d’histoire mécanique, du premier concours automobile aux Formule 1 contemporaines. Entre le Rallye Monte-Carlo, le Grand Prix et les concours d’élégance, la voiture est ici racontée comme un pan entier du patrimoine monégasque. Reste à savoir ce qui distingue vraiment ce rendez-vous d’un simple rassemblement de belles carrosseries ?

Une cinquantaine de voitures qui ont vraiment couru

Le parti pris de l’exposition tient en une idée simple : montrer non pas des répliques, mais les automobiles authentiques qui ont écrit la légende de la Principauté. Plus de vingt voitures victorieuses du Grand Prix de Monaco ou du Rallye Monte-Carlo sont réunies, prêtées par des collections privées et institutionnelles parmi les plus prestigieuses au monde.

Les amateurs y croiseront la Bugatti Type 35B qui dominait les circuits à la fin des années 1920, la Benetton B192 pilotée par Michael Schumacher en 1992, ou encore une McLaren MP4/8 issue de la collection de Sebastian Vettel. La Citroën Xsara WRC de 2003 et la Lancia Stratos HF rappellent quant à elles les grandes heures du rallye mondial.

Ce ne sont pas des modèles similaires, mais les voitures elles-mêmes, celles qui ont couru ces épreuves et, souvent, les ont remportées.

Rodolphe Rapetti, commissaire de l’exposition, 2026

Autour de ces bolides, une sélection d’objets, de photographies et de vidéos, parfois totalement inédits, complète le parcours. L’Automobile Club de Monaco a largement ouvert ses archives pour l’occasion, ce qui donne à l’ensemble une profondeur documentaire rare pour une exposition grand public.

Du Rallye Monte-Carlo de 1911 au Grand Prix d’aujourd’hui

La relation entre Monaco et la voiture ne date pas d’hier. Le Rallye Monte-Carlo voit le jour en 1911, pensé comme une vitrine touristique pour attirer la clientèle hivernale vers la Riviera. L’épreuve impose vite la Principauté sur la carte du sport automobile international.

Le Grand Prix, lui, s’élance pour la première fois dans les rues de Monaco en 1929, sur un tracé urbain resté presque intact. Aujourd’hui encore, le grand rendez-vous de Formule 1 du printemps draine des centaines de milliers de spectateurs et fait vivre toute la Côte d’Azur. L’exposition relie ces deux héritages aux concours d’élégance de l’après-guerre, où l’automobile se donnait à voir comme un objet de mode autant que de mécanique.

Ce qu’il faut savoir avant de pousser les portes

Préparer sa visite demande quelques repères pratiques, car l’exposition joue sur une amplitude horaire large et une grille tarifaire volontairement accessible. Voici les informations essentielles à garder en tête avant de venir :

  • ouverture tous les jours de 10h à 20h, du 1er juillet au 6 septembre 2026, avec des nocturnes le jeudi jusqu’à 22h ;
  • plein tarif à 15 €, tarif réduit à 12 € pour les étudiants, seniors et groupes, et gratuité pour les moins de 18 ans ;
  • fermeture exceptionnelle le samedi 22 août, à noter pour ne pas se déplacer pour rien ;
  • visites guidées publiques à 10 € les jeudis et dimanches, et audioguides proposés en trois langues.

Le lieu, le hall Ravel du Grimaldi Forum, se situe avenue Princesse Grace, dans le quartier du Larvotto. Un billet SNCF TER Sud du jour ouvre d’ailleurs droit au tarif réduit sur présentation au guichet, un détail utile pour qui veut combiner train et visite.

Rejoindre Monaco depuis Nice, Cannes ou Antibes

Monaco se mérite un peu sur le plan des transports, surtout en plein été. Le stationnement en Principauté reste limité et coûteux, et les axes littoraux se chargent vite dès la mi-journée. Anticiper son trajet évite de perdre l’après-midi dans les embouteillages de la basse corniche.

Depuis Nice, comptez une vingtaine de kilomètres et une demi-heure de route hors affluence ; depuis Cannes ou Antibes, la distance grimpe à une cinquantaine de kilomètres. Un transfert privé porte-à-porte permet de se laisser déposer devant le Grimaldi Forum sans souci de parking, puis de récupérer les visiteurs à la sortie après une journée bien remplie. Ceux qui prolongent la soirée pourront enchaîner avec les grandes soirées de l’été à la Salle des Étoiles.

Cette souplesse vaut aussi pour les familles et les groupes, souvent freinés par la logistique monégasque. Sur place, le quartier du Larvotto met la plage, les restaurants et le concours de feux d’artifice du port à quelques minutes de la sortie, comme lors du grand rendez-vous pyrotechnique de l’été.

Un commissariat de référence pour une exposition longtemps attendue

La caution scientifique de l’événement repose sur Rodolphe Rapetti, conservateur général du Patrimoine et spécialiste reconnu de la muséographie automobile. On lui doit notamment l’exposition consacrée à la collection Ralph Lauren, qui avait attiré plus de 150 000 visiteurs à Paris en 2011.

L’histoire de cet accrochage est aussi celle d’un rendez-vous manqué puis retrouvé. Programmée à l’origine pour l’été 2020, elle avait été reportée en raison de la pandémie. Six ans plus tard, elle s’installe enfin sur 3 500 m² et prend des allures de plus vaste hommage jamais rendu en Principauté à la voiture.

Quand la voiture devient une œuvre à regarder

Réunir sous un même toit des monoplaces de Formule 1 et des berlines de concours d’élégance revient à poser une question plus large : à partir de quand un objet technique bascule-t-il dans le champ de l’art ? Les carrosseries signées des grands designers italiens et français invitent à regarder l’automobile autrement, loin de sa seule fonction utilitaire.

À l’heure où la voiture thermique cède du terrain et où la mobilité se réinvente, cette plongée dans 130 ans de mécanique prend une saveur particulière. Elle rappelle qu’un véhicule raconte une époque, un territoire et un imaginaire, bien au-delà de ses chevaux. La Côte d’Azur, terre de rallyes et de circuits, tient là un rendez-vous culturel qui dépasse le cercle des passionnés. Plus d’informations et billetterie sur le site du Grimaldi Forum.


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