Nocturne du 6 août à la Villa Paloma : le Nouveau Musée National de Monaco mêle surréalisme, cinéma en plein air et gastronomie

Écran de cinéma en plein air dressé sur une pelouse entre des pins, guirlandes lumineuses et vue sur la côte au crépuscule
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Passer une soirée d’été entre art surréaliste, cinéma sous les étoiles et dégustation face à la Méditerranée, sans débourser un centime à l’entrée : la formule a de quoi retenir l’attention des vacanciers de la Riviera. Le Nouveau Musée National de Monaco l’a imaginée pour le jeudi 6 août, dans les jardins de la Villa Paloma, l’un de ses deux sites installés sur les hauteurs de la Principauté.

Ces rendez-vous portent un nom, les Nocturnes : des ouvertures en soirée où le musée mêle exposition, projection et convivialité, quand la chaleur retombe et que la vue s’étire sur les toits de Monaco. L’édition du 6 août s’adosse à la grande rétrospective consacrée au peintre Victor Brauner, visible jusqu’au 3 janvier 2027. Reste une question : que vient-on vraiment chercher lors d’une telle soirée, entre une œuvre à redécouvrir, un film exigeant et un verre partagé au coucher du soleil ?

Une nocturne gratuite au cœur de l’été monégasque

La soirée du 6 août se déroule en plusieurs temps, de la fin d’après-midi à la nuit tombée, dans un enchaînement pensé pour profiter des jardins avant la projection. Le musée en détaille le fil :

  • dès 18 h, ouverture des jardins panoramiques de la Villa Paloma et de leur vue sur la Principauté ;
  • une sélection de mets et de boissons proposée par Monaco Vinalia Gourmet au Régulus, dans une ambiance estivale ;
  • jusqu’à 21 h, accès libre à l’exposition Victor Brauner, L’Aventure magique ;
  • à 21 h, projection en plein air du film Memoria dans les jardins transformés en salle à ciel ouvert.

L’entrée est gratuite, mais soumise à une contrainte à ne pas négliger : la réservation préalable par courriel reste obligatoire, dans la limite des places disponibles. Mieux vaut anticiper, d’autant que la Villa Paloma, nichée près du Jardin Exotique, se mérite un peu quand on remonte de Nice ou de Cannes en fin de journée.

Victor Brauner, un surréaliste à redécouvrir

Figure majeure et pourtant méconnue du surréalisme international, Victor Brauner (1903-1966) a construit une œuvre à part, nourrie des avant-gardes roumaines de Bucarest puis de sa rencontre avec André Breton, à partir de 1933. Son univers puise dans les mythologies et l’ésotérisme, entre figures hybrides, femmes-plantes et chimères à la fois drôles et énigmatiques.

Un épisode a durablement marqué sa légende. En 1938, lors d’une altercation entre deux autres artistes, il perd son œil gauche, touché par un éclat de verre ; or il avait peint, dès 1931, un Autoportrait à l’œil énucléé. Cette coïncidence troublante, que les surréalistes lisent comme un don visionnaire, transforme un accident en mythe personnel qui irrigue ensuite ses toiles.

Réfugié dans les Hautes-Alpes pendant la guerre, l’artiste, juif et étranger, invente alors le dessin à la bougie, où la cire prend une dimension magique. Exclu du mouvement surréaliste en 1948, il poursuit un langage de plus en plus personnel, avec la série des Rétractés dans les années 1950 et un bestiaire fantastique aux formes stylisées. Cette trajectoire singulière éclaire l’ampleur de la rétrospective monégasque.

Une collection privée dévoilée pour la première fois

L’exposition de la Villa Paloma réunit plus de 160 œuvres, peintures, dessins et sculptures, qui couvrent la carrière de l’artiste des années 1920 aux années 1960. Toutes proviennent d’une collection privée exceptionnelle établie à Monaco, révélée ici pour la première fois, d’après le communiqué du musée.

Le parcours, mis en espace par le scénographe Christophe Martin, s’enrichit d’une dizaine d’objets d’art extra-occidentaux ayant appartenu au peintre, prêtés par le musée d’art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole. La commissaire de l’exposition, Camille Morando, en résume l’ambition en quelques mots :

L’exposition, qui lui est consacrée à Monaco, souhaite partager au plus grand nombre l’aventure magique de ce grand artiste, à travers une collection privée unique présentant l’une des œuvres les plus singulières et envoûtantes du XXe siècle.

Camille Morando, commissaire de l’exposition, communiqué de presse du Nouveau Musée National de Monaco, 2026

Une entrée gratuite jusqu’à 21 h, le soir du 6 août, offre une occasion rare de parcourir cet ensemble sans la foule des après-midi, avant de rejoindre les jardins pour la séance de cinéma.

Memoria, du cinéma d’auteur sous les étoiles

À 21 h, les jardins de la Villa Paloma se muent en salle de projection à ciel ouvert pour Memoria, film de 2021 signé du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Ce réalisateur n’est pas un inconnu de la Côte d’Azur : il a décroché la Palme d’or du Festival de Cannes en 2011 pour Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures.

Porté par Tilda Swinton, aux côtés d’Elkin Díaz et de Jeanne Balibar, Memoria suit une botaniste écossaise troublée par un son mystérieux qu’elle seule perçoit, lors d’un séjour en Colombie. Le film déroule une expérience contemplative entre mémoire et perception, portée par des paysages sonores travaillés, à mille lieues du blockbuster estival.

Programmer une œuvre aussi exigeante en plein air, et gratuitement, dit quelque chose du positionnement du musée : proposer autre chose que le divertissement balnéaire habituel. Le cadre, lui, fait le reste, entre pinède, vue plongeante et fraîcheur du soir.

Bien préparer sa venue à la Villa Paloma

La Villa Paloma se dresse au 56 boulevard du Jardin Exotique, à l’écart de l’agitation du port et du Casino, sur les hauteurs ouest de Monaco. Ce n’est pas le site le plus simple d’accès en voiture un soir d’été : le stationnement se fait rare dans le secteur, et l’arrivée par les hauteurs demande un peu d’organisation, surtout pour qui vient de Nice, d’Antibes ou de Cannes.

Cette soirée s’inscrit dans un été monégasque particulièrement dense, entre les concerts de la Salle des Étoiles et l’exposition automobile du Grimaldi Forum. Sur le versant azuréen, les musées ne sont pas en reste, à l’image de la rencontre entre Matisse et la haute couture présentée à Nice. De quoi composer un programme culturel sur plusieurs soirées, sans quitter la Riviera.

Quand la culture gratuite redessine les soirées d’été

Une grande exposition surréaliste, un film de Palme d’or et une table gourmande réunis en accès libre : l’équation tranche avec l’image d’une Principauté réservée aux portefeuilles garnis. Ces Nocturnes montrent qu’une part de l’offre culturelle monégasque se veut accessible, à condition de réserver et de se présenter à l’heure.

Reste à voir quelle place ces soirées prendront dans les habitudes estivales de la Côte d’Azur, où la concurrence des plages, des terrasses et des feux d’artifice est rude. Le 6 août, la Villa Paloma tente en tout cas un pari : faire tenir, dans une même soirée, l’exigence d’un musée et la douceur d’une nuit d’été. Le programme complet et les modalités de réservation sont détaillés sur le site du Nouveau Musée National de Monaco.


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